Il faut sauver le soldat Guissé

  • A
  • A
Il faut sauver le soldat Guissé
Partagez sur :

La justice veut retirer sa nationalité française à un militaire, fils d'un immigré sénégalais naturalisé en 1962.

Ounoussou Guissé est né au Sénégal de père français. Il est donc français. Mais peut-être plus pour longtemps.... La justice remet en cause la façon dont son père a été naturalisé. Et par conséquent, veut lui retirer sa nationalité française.

A l'indépendance du Sénégal, le père d'Ounoussou Guissé qui vivait en France, a choisi de prendre la nationalité de sa terre d'accueil. Mais d'après le ministère, s'il travaillait bien en France, son domicile était en Afrique où sa femme et ses enfants, dont Ounoussou, vivaient toujours, ce qui ne lui permettait donc pas d'opter pour la nationalité française.

Depuis trois ans, Ounoussou Guissé est donc menacé de perdre sa double nationalité. En 2008, un tribunal a débouté le ministère, qui a fait appel. Son avocate dit ne pas comprendre un tel acharnement. Selon elle, il est trop tard pour remettre en cause un certificat de nationalité de 1962. "Il n'est plus l'heure de s'interroger sur la validité de ce document que personne jusqu'à présent n'a pu remettre en cause", a-t-elle indiqué au quotidien Paris-Normandie.

Ounoussou Guissé, qui est arrivé en France en 1998 à l'âge de 17 ans, sert dans le 1er régiment de hussards parachutistes (RHP) de Tarbes depuis 2002. Il a participé aux campagnes du Tchad et plus récemment d'Afghanistan. Il dit sa fierté d'être français au micro Europe 1 de Raphaëlle Schapira :


A l'audience, ses supérieurs de l'armée, en uniformes, et d'anciens combattants émus de son sort sont venus lui apporter leur soutien. S'il perdait sa nationalité, Oussounou Guissé devrait quitter l'armée française. La cour d'appel de Rouen rendra sa décision le 18 novembre.

Le frère d'Oussounou Guissé, Amara, serait lui aussi menacé de perdre la nationalité française, indique Jean-Domnique Merchet, spécialiste défense de Libération, sur son blog. Une procédure a été engagée contre lui par le tribunal de Strasbourg en 2007. Amara Guissé a servi pendant onze ans l'armée française au 12e régiment d'artillerie d'Oberhoffen en Alsace.