Il avait foncé sur la foule à Dijon, la justice le déclare irresponsable

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Il avait foncé sur la foule à Dijon, la justice le déclare irresponsable
Selon son avocat, l'homme était "manifestement en crise" au moment des faits.@ DAMIEN MEYER / AFP
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Fin 2014, un quadragénaire atteint de problèmes psychiatriques lourds avait délibérément foncé sur des passants à Dijon, faisant treize blessés.

La justice a prononcé mercredi l'irresponsabilité pénale de l'automobiliste qui avait foncé délibérément sur des passants à Dijon fin 2014, blessant 13 personnes, a appris l'AFP auprès de son avocat Me Samuel Estève.

157 passages en hôpital psychiatrique. Le quadragénaire étant atteint de problèmes psychiatriques lourds, cette décision de la chambre d'instruction de la cour d'appel de Dijon était "attendue", a estimé Me Estève. "Les expertises psychiatriques concluaient toutes à l'irresponsabilité" de son client, "manifestement en crise" au moment des faits et qui affichait 157 passages en hôpital psychiatrique, a-t-il poursuivi. "Il a été reconnu coupable des faits et il était important que la cour le dise, ainsi que civilement responsable", a précisé l'avocat, en décrivant un "homme sincèrement repentant et désolé de ce qu'il a fait".

Hospitalisé depuis. Désormais sous le régime de l'hospitalisation d'office dans un établissement lyonnais, l'homme s'est vu retirer son permis de conduire et a l'interdiction de porter une arme et de se rendre en Côte-d'Or, selon Me Estève. Dénonçant une "injustice totale" dans la décision rendue par la cour, l'une des victimes, Maurice Bureau, a cependant concédé avoir observé lors d'une précédente audience un homme "malade mais manipulé par des gens comme Daech (acronyme arabe de l'organisation État islamique, ndlr) qui repèrent les gens faibles".

La piste terroriste avait été rapidement écartée. Le 21 décembre 2014, l'automobiliste avait foncé délibérément sur des passants dans le centre ville de Dijon, blessant treize personnes, en criant "Allah Akbar". Au vu des antécédents psychiatriques de celui-ci, la procureure de Dijon Marie-Christine Tarrare avait rapidement écarté la piste terroriste. Lors de son interpellation, l'homme, un Français né en France de mère algérienne et de père marocain, avait dit aux policiers avoir agi seul, ému par la souffrance des enfants palestiniens et tchétchènes, avait-il précisé. Au lendemain des faits, un autre automobiliste avait foncé sur un marché de Noël bondé du centre-ville de Nantes, blessant dix personnes, dont une mortellement avant de se porter plusieurs coups de couteau.