Hauts-de-Seine : une salle de prière fermée pendant l'état d'urgence rouvre ses portes

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Hauts-de-Seine : une salle de prière fermée pendant l'état d'urgence rouvre ses portes
Avec la fin de l'état d'urgence, les conditions pour ordonner la fermeture d'un lieu de culte ne sont plus les mêmes. Image d'illustration. @ CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Ses dirigeants ont pu récupérer les clefs après que l'état d'urgence ait pris fin mercredi. 

La salle de prière musulmane de Fontenay-aux-Roses dans les Hauts-de-Seine, fermée le 29 septembre dans le cadre de l'état d'urgence, va rouvrir ses portes vendredi alors que celui-ci a pris fin, ont déclaré des responsables de la salle.

"Les clefs" ont été récupérées. "L'état d'urgence arrivant à terme, nous avons récupéré les clés de la salle jeudi après-midi et nous allons effectivement rouvrir vendredi à 15h pour le public", a déclaré le président de l'Association des musulmans de Fontenay-aux-Roses (Amfar). L'association, qui avait déposé un référé devant le tribunal administratif pour contester cette fermeture, va donc abandonner les poursuites. 

Les règles ont changé depuis mercredi. Du côté de la préfecture, on prend acte puisque "les gestionnaires sont en droit de rouvrir" la salle. Avec la fin de l'état d'urgence, les conditions pour ordonner la fermeture d'un lieu de culte ne sont plus les mêmes. "Les éléments qui ont permis de fermer la salle ne suffisent plus au regard de la loi actuelle", assure la préfecture. Depuis mercredi, la loi antiterroriste est venue remplacer l'état d'urgence. Auparavant, la tenue de propos appelant à la haine ou à la violence suffisait pour prendre un arrêté de fermeture. Désormais, il faut une présomption de commission d'actes terroristes.

Des propos poussant "à la haine ou à la violence". Dans le cas de la salle de prière de Fontenay-aux-Roses, située dans le quartier du Paradis, la préfecture reprochait à ses responsables d'avoir laissé se tenir des propos "constituant une provocation à la haine ou à la violence". "Ont été tenus des propos indiquant que (...) les terroristes étaient 'des musulmans qui ont la foi'" ou encore "distinguant clairement 'les musulmans d'une part et les chiens de mécréants d'autre part'", précisait l'arrêté. Ces propos avaient été vigoureusement contestés par les responsables de la salle de prière qui avaient fourni les enregistrements des prêches aux autorités. Ils avaient reçu le soutien de la mairie qui avait assuré avoir toujours eu "de bonnes relations" avec l'association qui gère le lieu.