Hausse du point d'indice des fonctionnaires : les départements en colère

  • A
  • A
Hausse du point d'indice des fonctionnaires : les départements en colère
Les impôts pourraient augmenter suite à la hausse du point d'indice des fonctionnaires.
Partagez sur :

Les départements, qui vont devoir payer une partie de l'augmentation du point d'indice des fonctionnaires, dénoncent la mesure et menacent de hausses d'impôts.

Tout le monde n'est pas satisfait par la revalorisation du point d'indice des fonctionnaires de 1,2% annoncée jeudi par le gouvernement... La mesure qui coûtera 2,4 milliards par an aux finances de l'Etat provoque en effet la grogne des départements qui emploient un certain nombre de fonctionnaires et vont donc devoir supporter une partie du coût de cette mesure.

650 millions d'euros par an pour les départements. Si l'Etat va payer directement un peu plus de la moitié de la facture, soit un peu plus d'un milliard d'euros, le reste est partagé entre les hôpitaux et les collectivités territoriales. Or, les départements emploient beaucoup de fonctionnaires. Sur les 5,5 millions d'agents de la fonction publique actifs que compte la France, un peu plus d'un tiers travaillent dans les collectivités territoriales. Pour ces collectivités, la facture sera donc d'environ 650 millions d'euros sur un an. Une facture inattendue dénoncée par Dominique Bussereau, le président de l'assemblée des départements de France. "C'est un peu comme si votre voisin d'au dessus décidait que vous devez refaire les peintures dans votre appartement, changer le mobilier de la cuisine et de l'ensemble, mais que c'est vous qui payerez. C'est lui qui décide et vous qui payez", annonce-t-il en expliquant que "cela tombe très mal à un moment où toutes les collectivités territoriales voient leur dotation globale de fonctionnement diminuer et où les départements ont, en plus, de grandes difficultés pour payer le RSA".

Hausse en deux temps pour limiter l'impact. "Conséquence : certains départements qui votent actuellement leur budget vont augmenter leurs impôts", conclut Dominique Bussereau. La menace est donc claire, les impôts locaux pourraient encore augmenter. De son côté, la fédération hospitalière de France demande pour sa part à l'Etat de compenser cette hausse du point d'indice, autrement dit de l'aider à payer le surcoût engendré par la mesure. Le gouvernement avait d'ailleurs en partie prévu ces réactions et pour limiter l'impact financier cette année, il a décidé d'augmenter les fonctionnaires en deux temps : 0,6% en juin 2016 et 0,6% en février 2017. Annick Girardin, ministre de la fonction publiqu, a salué par ailleurs jeudi soir sur Europe 1 "d'une décision équilibrée".