Hausse des prix du tabac : les buralistes s'élèvent contre la politique de santé

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Confrontés à une nouvelle hausse des prix des paquets de cigarettes décidée par l'État, les buralistes mènent une journée de mobilisation à Paris mercredi.

Les buralistes, victimes de la politique de santé de l'État ? C'est le message que veulent faire passer les professionnels de la vente du tabac, mercredi, avec une journée de mobilisation au cours de laquelle ils veulent notamment insister sur l'impact que les hausses des prix ont sur l'emploi.

Des milliers de fermetures. Les buralistes prennent 2003 pour année de référence. Cette année-là, les ventes ont brusquement chuté alors que le prix moyen du paquet de cigarettes dépassait les 4 euros. Depuis, ce sont 2% des bureaux de tabac qui ferment tous les ans. L'un des représentants de la profession, Jean-Luc Renaud, a fait le calcul : ce sont 8.000 débitants en moins sur cette période.

"Les deux tiers de ces fermetures sont pour l'instant en milieu rural et dans les petites villes", explique-t-il au micro d'Europe 1. "Le tiers qui reste c'est vraiment en milieu urbain. Et ça, ça n'existait pas il y a quelques temps."

Des revenus… en hausse. Les buralistes dénoncent également la montée en puissance du marché parallèle, avec la concurrence d'Internet et de la contrebande face à des prix de plus en plus élevés (objectif du gouvernement : un paquet à 10 euros en 2020). L'État vante la diversification des activités du buraliste (vendre des journaux ou devenir un relais-colis) et accordé 3,5 milliards d'euros en fonction des difficultés de chacun.

Invité d'Europe 1 Bonjour mercredi, Bernard Gasq, président de la Fédération des buralistes d'Île-de-France, a dénoncé ces nouvelles hausses de prix, estimant que le gouvernement était en train "de faire la chasse aux buralistes". "L'État veut notre disparition", a-t-il ajouté. 

Autre compensation, les buralistes perçoivent une commission plus élevée. Ils vendent moins de cigarettes… mais ils gagnent nettement plus. Selon la Cour des Comptes, les revenus de la vente de tabac sont passés de 230 à 310 millions d'euros en 10 ans. Une hausse qui profite essentiellement aux gros bureaux de tabac installés dans les grandes villes.