Hausse des plaintes pour violences sexuelles : "#balancetonporc a marqué une étape importante"

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La hausse du nombre de plaintes pour violence sexuelle en octobre est lié à la libération de la parole des femmes, explique mardi sur Europe 1, Elisabeth Moiron-Braud, secrétaire générale de la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences.

INTERVIEW

Les victimes se sentent-elle désormais le courage et le droit de porter plainte ? Dans le sillage de l'onde de choc mondiale provoquée par la révélation début octobre de l'affaire Weinstein, ce producteur américain accusé par une centaine de femmes de harcèlement sexuel, les plaintes pour violences sexuelles déposées en zone police ont augmenté en octobre en France. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur révélés lundi, le nombre de plaintes est en hausse de 23% par rapport à la même période de l'année précédente.

La stratégie des auteurs de violences "mise à mal". Pour Elisabeth Moiron-Braud, magistrate, secrétaire générale de la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains, invitée mardi au micro de Raphaëlle Duchemin dans Europe 1 Bonjour, c'est en partie grâce au mouvement #balancetonporc lancé sur Twitter pour dénoncer des situations vécues de harcèlement sexuel. "Ce mouvement marque une étape importante dans la lutte contre les violences sexuelles. Pour la première fois ces hashtags ont permis de mettre à mal la stratégie des auteurs de ces violences", explique la magistrate. "Car l'objectif premier des agresseurs sexuels est de s'assurer son impunité par tout moyen, notamment inverser la culpabilité, imposer le silence par des menaces".

"Aujourd'hui, le message est très fort car les agresseurs savent que les femmes n'ont plus peur de prendre la parole et de révéler les faits dont elles sont victimes", se réjouit-elle ajoutant toutefois que le dépôt de plainte restait l'étape la plus importante.

Une politique volontariste. Selon Elisabeth Moiron-Braud, la libération de la parole des femmes victimes de violences est aussi le résultat "d'une politique publique volontariste menée depuis plusieurs années sur ces violences, notamment à travers le renforcement de notre arsenal législatif mais également la mise en oeuvre de plans d'action nationaux." Et notamment la formation des personnes chargées de recueillir les plaintes. "La parole doit être recueillie par des professionnels prêts à l'entendre, prêts à la comprendre", détaille-t-elle préconisant de former à la fois gendarmes et policiers mais aussi professionnels de santé, magistrats et travailleurs sociaux.