Handicapée, on lui refuse deux fois d'être jurée en cour d'assises

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Handicapée, on lui refuse deux fois d'être jurée en cour d'assises
Rejetée comme jurée car elle est en fauteuil roulant@ PIERRE ANDRIEU / AFP
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Une Montpelliéraine aurait été écartée deux fois du jury de cour d'assises à cause de son fauteuil roulant.

Monique à 58 ans et elle souffre d'une maladie orpheline qui la contraint à se déplacer en fauteuil roulant depuis 2006. Bien qu'elle ait été tirée au sort pour être membre du jury de la cour d'assises de Montpellier, dans l'Hérault, elle a été récusée deux fois au cours des sélections pour constituer les jurys définitifs. Pour elle, la raison est simple : son fauteuil roulant, dévoile France Bleu Hérault.

Prête à siéger. En juin dernier, Monique reçoit une lettre qui l'informe qu'elle a été tirée au sort pour siéger pendant la session du 12 au 27 septembre. Elle se présente donc le jour dit au palais de justice de Montpellier. Mais à ce moment-là, elle est récusée c'est-à-dire qu'elle est écartée du jury final, à cause de son handicap assure-t-elle.

Car dès le premier jour, on lui a demandé sa dispense médicale. Certificat qu'elle ne possédait pas puisqu'elle était prête à faire son devoir de citoyenne.

Un palais de justice inadapté. Malgré plusieurs tentatives pour trouver une solution, son fauteuil ne peut se faufiler dans les couloirs inadaptés du vieux palais de justice. "C'est pour cette raison que j'ai été récusée par l'avocat général", estime la quadragénaire. "Comme il ne voulait pas retarder les débats, l'avocat général m'a récusée. C'est pas normal que je ne puisse pas exercer ma citoyenneté. J'ai l'impression d'être un fantôme, c'est inacceptable."

Interrogé par France Bleu Hérault, le parquet général se défend de toute discrimination. Il affirme chercher des solutions pour se mettre aux normes et en conformité avec la loi de 2005 sur la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. "Ils pourraient tout de même montrer l'exemple !", conclut Monique qui a suivi les débats, depuis le public. Elle a d'ors et déjà écrit au Défenseur des droits pour que sa mésaventure ne se reproduise pas.