Guadeloupe : enquête administrative dans une prison après une double évasion et le meurtre d'un détenu

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Guadeloupe : enquête administrative dans une prison après une double évasion et le meurtre d'un détenu
La prison de Baie-Mahaut a été le théâtre d'une double évasion et d'un meurtre de détenu@ HELENE VALENZUELA / AFP
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Une enquête administrative de l'Inspection générale de la justice débute lundi au centre pénitentiaire de Baie-Mahault après une double évasion et un meurtre survenus dans l'établissement.

Une enquête administrative de l'Inspection générale de la justice débute lundi au centre pénitentiaire de Baie-Mahault après une double évasion et un meurtre survenus dans l'établissement, a annoncé Hubert Moreau, chef de la mission des services pénitentiaires de l'outremer, en visite en Guadeloupe.

"Éviter que cela se reproduise". Il s'agira d'"analyser ce qui s'est passé, de déterminer les responsabilités éventuelles, à quel niveau, et de faire des propositions, des injonctions, pour éviter que cela se reproduise", a-t-il déclaré. "J'avais à l'esprit qu'il fallait que je rejoigne rapidement la Guadeloupe", a ajouté Hubert Moreau arrivée après le meurtre d'un détenu par un autre, mortellement frappé "à la carotide", de "plusieurs coups de pic artisanal", selon une source syndicale.

"Le service public pénitentiaire a failli". "Il ne fallait pas se voiler la face, le service public pénitentiaire a failli !", a lâché Hubert Moreau, qui a rencontré les représentants syndicaux à son arrivée, souhaitant "remobiliser les équipes et effacer ce sentiment de culpabilité pour que l'on reparte avec plus d'efficacité, de vigilance et d'attention".

Un établissement surpeuplé et manquant de sécurité ? Avant son arrivée, Eric Pétilaire, secrétaire régional CGT Pénitentiaire, s'était dit "indigné" et avait affirmé que "les établissements d'outremer (étaient) les laissés-pour-compte de l'administration pénitentiaire", dénonçant notamment "la surpopulation de la maison d'arrêt", avec "298 lits pour 442 détenus", la circulation d'armes et de téléphones portables. Il avait aussi réclamé "la construction d'un établissement pour les longues peines sur la Guadeloupe".

Hubert Moreau a, lui, assuré que la prison de Baie-Mahault était "un établissement pénitentiaire qui offre toutes les garanties de sécurité, (comme) avec des établissements similaires en métropole", ajoutant que "les phénomènes de violence ont baissé depuis deux ans", y compris dans cet établissement, tout en reconnaissant "l'un des taux (d'occupation) les plus élevés de France".

Pas de construction de prison en Guadeloupe. Suite à l'évasion de détenus, les syndicats avaient aussi dénoncé le manque de résistance des barreaux. Autre point de friction, le délai pour le transfert des détenus "dangereux" dans des prisons adaptées de l'hexagone. Ces transferts concernent "50 à 60 détenus par an" en Guadeloupe, selon Hubert Moreau, et "on devrait pouvoir en faire plus". La construction d'une maison centrale "n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour", a-t-il ajouté.