Grèves des transporteurs de matières dangereuses : barrages filtrants devant certains dépôts pétroliers

  • A
  • A
Grèves des transporteurs de matières dangereuses : barrages filtrants devant certains dépôts pétroliers
Les transporteurs de carburants assurent que certaines petites stations-essence sont proches de la pénurie@ STEPHAN AGOSTINI / AFP
Partagez sur :

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a appelé le patronat à "écouter les salariés qui ont des revendications légitimes".

La grève des transporteurs de matières dangereuses (carburants, gaz, produits chimiques...) se poursuivait mardi et des barrages filtrants devant des dépôts pétroliers avaient repris en Ile-de-France et à La Rochelle notamment, selon la CGT, seul syndicat, non majoritaire, à l'origine du mouvement.

Présence de militants et barrages filtrants. Les barrages filtrants, installés par les grévistes à l'entrée des neuf gros dépôts franciliens, ont repris mardi notamment au port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) et à la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne), a ajouté la CGT. Toutefois, selon la gendarmerie, aucun blocage ni filtrage n'étaient constatés à Grandpuits, mais seulement la présence d'une demi-douzaine de militants CGT.

Selon Stanislas Baugé (CGT), à La Rochelle, les grévistes ne laissaient passer que les transporteurs indépendants et les camions de services d'urgence de l'État (hôpitaux, gendarmerie...), et à Rouen, le dépôt de carburants était bloqué.

Pas de pénurie, assurent les autorités. L'Ile-de-France est la principale région touchée et "la pénurie se fait sentir dans plusieurs stations dont certaines, à la faible autonomie (un jour et demi), sont déjà fermées", a affirmé Fabrice Michaux (CGT-Transports), qui évalue toujours la proportion de grévistes "entre 60 et 80%" au quatrième jour de mobilisation. La préfecture de police de Paris a démenti en revanche toute "pénurie" de carburants et incité les automobilistes à ne pas "développer de surconsommation préventive".

De meilleures conditions de travail. Avec cette grève, "qui vient de la base", la CGT entend pousser le patronat (FNTR, TLF, OTRE) à "négocier" l'insertion dans la convention collective du transport routier de "spécificités" propres aux matières dangereuses. Elle demande notamment une durée journalière de travail maximale de 10 heures, un suivi médical semestriel spécifique, un taux horaire minimal de 14 euros de l'heure et un treizième mois. Le syndicat dit attendre en vain depuis le 10 mai une réponse à ses revendications.

Des "revendications légitimes". Sur RMC mardi, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a lancé un appel "au patronat qui peut régler cela rapidement", en lui demandant "d'écouter les salariés qui ont des revendications légitimes". "J'en ai parlé au Premier ministre, il est conscient des problématiques, j'espère qu'il va intervenir rapidement", a-t-il ajouté. Le Premier ministre Édouard Philippe a reçu lundi les principaux leaders des organisations syndicales et patronales sur la réforme du code du travail.