Grèves à la veille de l'Euro : "une image calamiteuse" de la France

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À quelques jours de l'ouverture de l'Euro 2016, les blocages en réaction à la loi Travail se poursuivent, en dépit des appels du gouvernement.

Le gouvernement a invoqué ces derniers jours la "solidarité" face aux intempéries. Il en a profité pour demander l'arrêt des mouvements sociaux contre la loi Travail qui paralysent la France. François Hollande a estimé mardi, dans une interview à La Voix du Nord, qu'il fallait "savoir arrêter une grève", citant le communiste Maurice Thorez. Un appel resté sans résultat. Pour réponse, la CGT a rétabli l’intégralité de la citation, tronquée par le président de la République : "Il faut savoir arrêter une grève...quand on a obtenu satisfaction !".

L’affront populaire. "J’ai beaucoup aimé la manière de François Hollande de tronquer une citation […] C’est tout une conception de l’histoire...", estime Benjamin Amar, responsable de la politique revendicative de la CGT du Val-de-Marne. "Vous savez, en 1936 c’était le Front populaire, c’est dans ce cadre-là que Maurice Thorez avait prononcé cette loi où on avait obtenu 15 jours de congés payés grâce à la mobilisation, grâce aux luttes, et où on avait eu la semaine de 40 heures. C’était le Front populaire ! En 2016, avec François Hollande c’est l’affront populaire", a-t-il taclé au micro d’Europe 1. Même si ce syndicaliste reconnaît des avancées "obtenues grâce à la mobilisation", il reste, selon lui, des "points négatifs".

Euro-2016. Pour Agnès Evren, vice-présidente Les Républicains en Ile-de-France, la situation ne peut, en revanche, plus durer. "La situation devient complètement délirante". "On a connu des manifestations qui parfois ont été extrêmement violentes […] On a connu des grèves, des blocages. […] Et on a connu des inondations avec des familles qui ont perdu beaucoup de choses dans ces drames", détaille-t-elle. Pour cette responsable, l’ouverture de l’Euro-2016, le 10 juin, doit mettre un point final aux revendications. "Quelle image on donne à l’étranger, à la presse internationale qui est justement en train de nous regarder à la loupe ? Une image calamiteuse. Ce que je dis à la CGT, c’est que vous êtes en train de travailler contre l’intérêt général […] Votre grève, aujourd’hui, n’a plus aucun sens avec la loi Travail. Vous avez obtenu satisfaction, pourquoi continuez-vous ? Les Français en ont ras-le-bol."

"Ok pour la fête du foot, pas pour la fête de la diversion et de l’instrumentalisation du sport pour faire taire un mouvement social", lui répond Benjamin Amar.

Compensation. Alors que plusieurs sites de traitement des déchets viennent d'annoncer la suspension du travail, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, estime que du côté de la SNCF le service minimum n'a pas été respecté pendant les grèves, et a demandé sur BFMTV "une compensation financière pour les voyageurs".