Grasse : le palais fou de Patrick Diter, estimé à 57 millions d'euros, pourrait disparaître

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La destruction de ce palais néobaroque, construit quasi sans autorisation, a été réclamé par le procureur de Grasse, qui a aussi requis une amende de 200 millions d'euros à l'encontre de son mégalomane propriétaire.

C'est un palais luxueux de bric et de broc qui pourrait disparaître. Sur les hauteurs de Grasse, dans les Alpes-maritimes, le marchand de biens Patrick Diter a fait construire une immense bâtisse de style neobaroque au mépris du voisinage, des autorités et de l'environnement. La justice doit se prononcer sur le sort de ce château jeudi après-midi.

"Défigure le paysage". Il y a 20 ans, du ciel, on ne voyait dépasser que des arbres et quelques cabanons. Depuis, dans le vallon Saint-Jacques, la villa de Patrick Diter, 250 mètres carrés au sol, a poussé comme un champignon. Elle fait plus de 1.000 mètres carrés habitables aujourd'hui, s'est enrichie au fil des années d'une galerie couverte, d'une piscine, d'un cloître, de fresques. L'immense bâtisse est également dotée de deux héliports et même d'une route de 600 mètres au travers d'un bois protégé.

C'est beau, c'est chic. Mais c'est aussi un projet fou qui s'est fait quasiment sans le moindre permis de construire, et même en dépit des interdictions, reproche l'une des plaignantes, Caroline Butt. "Ça défigure le paysage complètement. Des centaines d'arbres ont été arrachés. C'est une catastrophe pour l'environnement, pour le patrimoine grassois. C'est vraiment désolant", se lamente cette voisine. "Depuis six ans, c'est devenu un centre événementiel avec des mariages jusqu'à 700 personnes, jusqu'à 5 heures du matin sur trois jours", décrit-elle encore. "Vous avez 135 hauts-parleurs dans le jardin !"



Un palais estimé à 57 millions d'euros. Le propriétaire Patrick Diter est un sexagénaire pour le moins fantasque qui admet tout au plus avoir fait preuve d'un peu d'impatience. "Je me suis laissé emporter. Pendant cinq ans, je n'ai pas quitté ma propriété pour en faire, avec le cœur, ce qu'elle est aujourd'hui. Parce que je suis monté trop haut, on veut me couper les ailes", dit-il dans le journal Le Parisien. Lui dénonce la jalousie de ses voisins, se défend en expliquant avoir planté des arbres, ne faire que quelques mariages en coupant la musique "à 23h30", estimant d'ailleurs que l'argument du bruit n'est qu'un "prétexte".

Merveille décomplexée ou verrue sonore, aujourd'hui, ce palais estimé à 57 millions d'euros pourrait connaitre ses dernières fêtes monstrueusement fastes. Le procureur de Grasse a demandé la destruction avec une amende qui dépasse l'imagination : 200 millions d'euros.