Grâce de Jacqueline Sauvage : "elle s'était accommodée et ça a dû être un énorme choc"

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L'avocate de Jacqueline Sauvage, Janine Bonaggiunta, raconte jeudi comment en quelques heures, le sort de Jacqueline Sauvage a été transformé.

INTERVIEW

Symbole de la lutte contre les violences conjugales, Jacqueline Sauvage a été graciée par François Hollande mercredi. Elle a quitté sa prison, rapidement après l'officialisation de cette décision. Janine Bonaggiunta, l'une de ses deux avocates, raconte cette soirée où tout s'est accéléré au micro d'Europe 1, jeudi.

Une grâce inespérée. Condamnée à 10 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son mari violent, Jacqueline Sauvage a passé trois ans et un mois en prison. Cette affaire avait généré un large soutien, notamment de la part des comédiennes Anny Duperey et Eva Darlan. En janvier dernier, la sexagénaire avait reçu une grâce partielle de la part de François Hollande, qui avait réduit sa peine. Désormais, elle est libre, bien que toujours considérée coupable. 

"Heureuse". Janine Bonaggiunta a échangé avec les filles de Jacqueline Sauvage qui lui ont appris la décision présidentielle. "Le mot qui revient dans les textos [de ses filles], c'est 'heureuse' et enfin la joie, les retrouvailles et l'apaisement. Elle est allée chez sa fille avec une partie de sa famille et de ses petits-enfants dans le Loiret. Mais ils ont voulu être tranquilles et donc entre eux tous."

"Ça a dû être un choc". "Je ne pense pas qu'elle ait encore réalisé puisqu'une heure avant qu'on lui annonce la nouvelle, elle m'avait téléphoné et elle avait simplement parlé de ses conditions de détention, la manière dont elle allait s'occuper." "Comme elle m'a dit, 'Je n'ai pas le choix, je garde l'espoir mais, pour l'instant, je m'occupe du mieux possible.' Elle s'était accommodée et ça a dû être un énorme choc qu'on lui demande de préparer ses affaires une heure plus tard."

Vendre sa maison et se recueillir sur la tombe de son fils. "Elle avait comme projet de vendre la maison qui était le domicile conjugal et de racheter une petite maison auprès des siens parce qu’elle n’avait plus envie d’habiter à cet endroit, trop de mauvais souvenirs. Elle va surtout pouvoir aller se recueillir sur la tombe de son fils puisque c’était son désir profond depuis des années." Ce fils qui, victime lui aussi des violences de son père, s'était suicidé la veille du drame. Jacqueline Sauvage avait appris son geste en garde à vue, précise son avocate. 

"Elle a envie de raconter son histoire, de s'expliquer sur son geste parce que son histoire n'est pas banale." Elle aurait un projet de livre sur lequel l'avocate ne s'avance pas encore.