Giovanna Valls : "je n'ai jamais pris mon pied avec la drogue"

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Sur Europe1 mercredi, la sœur de Manuel Valls a raconté son long combat pour sortir de la toxicomanie.  

INTERVIEW

C'est une rescapée qui a témoigné mercredi sur Europe1 dans l'émission de Marion Ruggieri Il n'y en a pas deux comme elle : à l'occasion de la sortie de son autobiographie* en France, Giovanna Valls - la sœur du Premier ministre - a raconté l'enfer de ses années de toxicomanie. Des confidences poignantes sur un sujet plus que jamais d'actualité à l'heure de l'expérimentation des salles de shoot.

Première ligne à 20 ans. En 1984, Giovanna Valls a 20 ans. Comme elle l'a expliqué sur Europe1, elle est alors une jeune femme "fragile" qui se cherche et qui se remet difficilement d'un chagrin d'amour. Sa vie bascule lors d'une soirée chez des "amis" : elle qui n'a jamais fumé de cannabis se voit proposer de sniffer "une ligne blanche". Au bout de la troisième fois, elle finit par accepter : c'est de l'héroïne. "Dès le lendemain, je me suis dit 'je n'y retourne pas' mais j'y suis retournée'", a-t-elle raconté sur Europe1. 15 jours plus tard, elle réalise qu'elle est devenue "accro", trop tard.

"Une vie d'esclave". La suite, sa vie d'"esclave livrée à la drogue", Giovanna Valls l'a racontée par petites touches, avec pudeur, au micro d'Europe1 : "les petits larcins dans les grands magasins" pour s'acheter ses doses, la santé qui se dégrade après la contamination par le VIH et l'hépatite C, la rechute après une rencontre amoureuse toxique et même la prison… Elle a aussi rendu un hommage à sa famille qui l'a toujours soutenue et à son frère qui "a toujours su" et qui l'a d'ailleurs encouragée à publier son histoire. Elle finira par avoir "le déclic" pour eux mais aussi "en mettant dans la balance son envie de vivre face à son envie de mourir".


Giovanna Valls : "mon frère, Manuel, a toujours...par Europe1fr

"Pas de consommateurs du dimanche". Celle qui est aujourd'hui tirée d'affaire et qui se mariera l'année prochaine, dénonce la vision récréative de certaines drogues : "les consommateurs du dimanche, je n'y crois pas", a-t-elle martelé sur Europe1 en insistant : "je n'ai jamais pris mon pied avec la drogue".

"Oui aux salles de shoot". Alors qu'en avril, l'Assemblée nationale a voté après un débat houleux l'expérimentation des "salles de shoot", Giovanna Valls s'est déclarée totalement favorable au dispositif : "je sais que les gens ne veulent pas de cela près de chez eux mais c'est toujours mieux que le junkie au pied de la porte", a-t-elle fait valoir en expliquant avoir elle-même eu recours à ce genre de lieu lorsqu'elle était toxicomane.


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*Accrochée à la vie (Eds JC Lattès)