Geoffroy Roux de Bézieux : "la réserve opérationnelle est plutôt un plus pour l'entreprise"

  • A
  • A
Partagez sur :

Après l'attentat de Nice, le gouvernement appelle les volontaires à rejoindre la réserve opérationnelle. Un appel auquel "le Medef est favorable", indique le vice-président du Medef. 

INTERVIEW

Quelques heures à peine après l'attaque revendiquée par l'Etat islamique sur la Promenade des Anglais, à Nice, jeudi 14 juillet, le président François Hollande annonçait qu'il décidait de faire appel à la réserve opérationnelle afin de "soulager" les forces de sécurité présentes sur l'ensemble du territoire depuis plusieurs mois. Une bonne idée, estime Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président délégué du Medef et lui même réserviste opérationnel. "On y est favorable au Medef, parce qu'on est des citoyens avant d'être des entrepreneurs", a-t-il développé, jeudi sur Europe 1.

"Un plus pour l'entreprise". En 1984, au moment d'effectuer son service militaire, Geoffroy Roux de Bézieux s'engage dans les forces spéciales des commandos marine. "Une expérience formatrice", explique celui qui, devenu chef d'entreprise, fait le choix de ne pas rompre avec l'armée et de rester réserviste.  "D'abord parce qu'il y avait un lien fort, amical. Et puis parce que je pense que c'est utile. (...) J'ai toujours constaté que mes collaborateurs qui faisaient ce type d'engagement étaient plutôt meilleurs", détaille-t-il. "Ce n'est pas toujours partagé par tous les chefs d'entreprise, mais j'ai toujours pensé que c'était plutôt un plus pour l'entreprise et pour les collaborateurs".

"Citoyen avant d'être entrepreneur". Le vice-président du Medef explique que l'organisation patronale a reçu favorablement l'appel de François Hollande à étoffer le nombre de réservistes. "On est des citoyens avant d'être des entrepreneurs. On voit bien le danger qui menace la France, donc il faut qu'on se mobilise tous", insiste-t-il. "Après, il faut probablement qu'on réfléchisse au cadre légal et organisationnel de tout ça. Aujourd'hui, il existe un cadre légal, c'est cinq jours par an. En réalité, 300 ou 350 grandes entreprises ont signé des contrats avec le ministère de la Défense mais dans les PME, les réservistes sont clandestins, prennent sur leurs vacances", pointe-t-il.

"Si on va vers une garde nationale, il faut réfléchir avec les entreprises à comment l'organiser. Il y a deux pistes : augmenter le nombre de jours et regarder comment, à travers les appels d'offre publics, les entreprises qui se sont engagées volontairement, peuvent avoir une préférence", suggère Geoffroy Roux de Bézieux.