Fronde à l'Ocrtis : la majorité des enquêteurs des "stups" en arrêt-maladie

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D'après un premier comptage, une quarantaine se font fait porter pâle et une dizaine ont posé un jour de congé sur les 70 enquêteurs que compte le service. Ils dénoncent la mise en examen de deux d'entre eux. 

INFO EUROPE 1

Des bureaux désertés par les enquêteurs. Les policiers de l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) ont passé un nouveau cap dans leur grogne mercredi matin. D’après les informations du service police-justice d’Europe 1, l’essentiel des agents se sont fait porter pâle aujourd’hui (une quarantaine sur 70, selon un premier décompte). Une dizaine d'autres ont posé un jour de congé. 

Après avoir déposé symboliquement leurs armes lundi, ils ont rendu à leur hiérarchie toutes leurs procédures en cours concernant la  juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Paris, mardi et envoyé un mail à chacun des magistrats concernés pour dénoncer "l’insécurité juridique" qu’ils ressentent. En cause, la mise en examen (les 12 et 13 octobre dernier) par des magistrats de la JIRS75 de deux d’entre eux, dont un commissaire divisionnaire, pour "complicité d’importation de stupéfiants".

"On veut éviter d’autres mises en examen". "On est écœurés", lâchent de concert deux enquêteurs de l’Ocrtis rencontrés par Europe 1. "Là on est dans l’urgence, c’est un appel au secours, on veut éviter d’autres mises en examen", détaillent les deux policiers pointant "un problème de confiance et de loyauté". Et d’expliquer qu’avec ces mises en examen, la JIRS75 remet en cause "des méthodes de travail (gestion des informateurs, livraison surveillées) discutées et avalisées par le parquet depuis plusieurs années".

"S’il y avait des ripoux, je ne serais pas là", confie un chef de groupe qui souligne que le mouvement a été décrété "à l’unanimité" des enquêteurs et hors des syndicats, qui le soutiennent néanmoins. "Il y a des montages plus ou moins bien faits on pourrait affiner", admet le gradé, "mais tous autour d’une table, police et justice travaillant dans le même sens".

"Des voies de recours existent contre les mises en examen". En face le mouvement fait bondir Pascal Gastineau, président de l’association française des magistrats instructeurs qui le juge "excessif". Interrogé par Europe 1, le magistrat rappelle que "des voies de recours existent contre les mises en examens qui visent des personnes précises en fonction de faits précis". Et d’ajouter ": ceux qui vont en bénéficier sont les gens qui sont visés par ces procédures".

"C’est regrettable que ce soit les investigations qui s’arrêtent", regrette Pascal Gastineau qui dénonce "une atteinte à l’Etat de droit". D’après les informations d’Europe 1, un des dossiers en cours d'instruction renvoyés par l’Octris a d’ores et déjà atterri sur le bureau de la Brigade des stups parisienne.