Financement du terrorisme : deux ans de prison, une sanction lourde mais à la hauteur, selon la juge

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Poursuivie pour financement du terrorisme, la mère d'un jeune djihadiste français, présumé mort en Syrie, a été condamnée jeudi à deux ans de prison ferme.

La sanction est lourde. Deux ans de prison ferme, voilà la peine dont a écopé la mère d'un jeune djihadiste français, présumé mort en Syrie l'an dernier. Il lui était reproché d'avoir envoyé de l'argent à son fils parti combattre avec l'Etat islamique, elle a donc été poursuivie pour financement du terrorisme.

"Ce sont nos enfants, que voulez-vous faire ?" "Financer une idéologie que moi-même je combats ? Ce n'est juste pas logique. C'est un procès d'une mère qui a aidé son fils. J'ai cru en lui. Ce sont nos enfants, que voulez-vous faire ? Les jeter ? Il existe un remède pour oublier nos enfants, les détester parce qu'ils font des conneries ? Il existe ? Donnez-le moi, je le veux, je le prends. Il n'existe pas ! On aime nos enfants", témoignait-elle sur Europe 1 au début du mois. Un discours qui n'a pas convaincu le tribunal.

La présidente du tribunal a reconnu elle-même que la sanction était sévère, mais à la hauteur, selon elle, de la gravité des faits. Avant d'annoncer les deux ans de prison ferme, la juge a pris soin de détailler tous les éléments à charge, en apostrophant directement la mère de famille, lui reprochant d'avoir menti et d'avoir été le recours de son fils lorsqu'il a rejoint la Syrie, en sachant parfaitement où il allait.

L'enquête a démontré que Nathalie Haddadi, 42 ans, a d'abord caché le passeport de son fils aux autorités françaises et ce, alors qu'il était radicalisé et interdit de sortie du territoire. Elle lui a ensuite envoyé plus de 2.800 euros et financé sept billets d'avion. "Il n'est pas nécessaire que vous soyez vous-même convaincue, vous avez financé une organisation terroriste", a affirmé la présidente.

"Dieu ne m'a pas pris le bon." La magistrate a rappelé toute l'admiration qu'éprouvait cette mère pour son fils. Une admiration qui transparaît le jour où l'Etat islamique lui annonce sa mort au combat. Elle appelle alors son fils cadet, resté en France, et lui lance : "Dieu ne m'a pas pris le bon, tu n'as pas le courage de ton frère."