Fin de la prise d'otage à la prison d'Ensisheim

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Fin de la prise d'otage à la prison d'Ensisheim
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Un détenu retenait depuis mercredi après-midi un gardien, qui a été libéré sain et sauf. Un autre prisonnier s'était déjà rendu dans la nuit.

Les négociations ont abouti après 15 heures de prise d'otage. Le détenu qui retenait, depuis mercredi après-midi, un surveillant de prison à la prison d'Ensisheim, dans le Haut-Rhin, s’est rendu jeudi matin. Sans violence. "Il s'est rendu de lui-même et a été embarqué par le GIGN (Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale)", a indiqué Eric Gemmerle, secrétaire régional de l'Ufap, le principal syndicat du personnel pénitentiaire. Le gardien est sorti "debout, fatigué mais sain et sauf".

Tout a débuté mercredi vers 17h15, lorsqu'un gardien "a été pris à partie par deux détenus", selon le préfet du Haut-Rhin, Pierre-André Peyvel. "Ils sont retranchés dans une cellule. Ils le menaceraient avec un objet tranchant", avait alors indiqué Bernard Cabon, du syndicat de gardiens UFAP.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'autre détenu s'était déjà rendu. "Ça s'est passé dans le calme, sans violence. Il a été immédiatement emmené par la gendarmerie", avait assuré Bernard Cabon, du syndicat de gardiens UFAP. L'homme était sorti de la prison dans un véhicule de gendarmerie.

Les deux prisonniers, âgés de 30 et 46 ans et considérés comme dangereux, sont détenus à Ensisheim depuis relativement peu de temps. Le plus jeune, qui a huit condamnations à son actif, purge une peine de 18 ans de réclusion pour "vol avec violence ayant entraîné la mort", le plus âgé une peine de 13 ans pour "enlèvement et séquestration". Pourquoi une telle prise d'otage ? Elle pourrait être liée à une demande de transfert vers un autre établissement.

La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a annoncé jeudi matin sa venue à Ensisheim "le plus rapidement possible". La "recrudescence des agressions sur les personnels de surveillance de l'administration pénitentiaire est une réalité quotidienne, qui rend leur mission particulièrement difficile, mais ne doit pas être une fatalité", a fait savoir la ministre de la Justice. "Ça fait des années qu'on réclame du personnel supplémentaire pour pouvoir doubler les étages" où les surveillants sont souvent seuls, a dénoncé de son côté Eric Gemmerle, le secrétaire régional de l'UFAP.

En 2009, deux événements violents ont eu lieu dans des prisons françaises :en novembre, un détenu avait retenu en otage un surveillant à la centrale de Clairvaux pendant cinq heures avant de se rendre. En février, deux détenus "présumés dangereux" de la prison centrale de Moulins, dans l'Allier, s'étaient évadés à l'aide d'explosifs et en prenant deux gardiens en otage dans leur cavale en voiture, avant de les relâcher en région parisienne quelques heures plus tard. La prison d'Ensisheim accueille surtout des condamnés à de longues peines.