Fillette noyée en hydrospeed dans la Durance : trois personnes en correctionnelle

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La fillette s'était noyée en 2009 lors d'une sortie en hydrospeed avec son centre de vacances. Le gérant de la société, le responsable de l'activité et un moniteur comparaîtront pour homicide involontaire.  

Près de dix ans après la mort d'une fillette lors d'une sortie en hydrospeed sur la Durance, la cour d'appel de Chambéry a ordonné jeudi le renvoi de trois personnes devant le tribunal correctionnel où elles comparaîtront pour homicide involontaire. Cette décision de la chambre de l'instruction "est l'aboutissement d'un combat de près de dix ans pour la famille", a déclaré Me Frank Natali, l'avocat des parents d'Anissa Houas, morte à l'âge de 11 ans et originaire d'Étampes, dans l'Essonne.

Le 1er août 2009, l'enfant s'était noyée lors d'une sortie en hydrospeed (nage en eaux vives avec une planche), avec son centre de vacances, dans la commune de L'Argentière-la-Bessée, dans les Hautes-Alpes. Son pied était resté coincé sous une barre métallique qui se trouvait au fond de la rivière.

Une décision "essentielle" pour les parents. La décision de la cour d'appel de Chambéry est une satisfaction pour l'avocat des parents, Maître Frank Natali : "ça a été un marathon judiciaire extrêmement difficile pour cette famille pour finalement obtenir simplement la tenue d'un procès". Pour le père et la mère d'Anissa, c'est une décision "essentielle", confie l'avocat au micro d'Europe 1.

"Renforcer la sécurité sur ces activités". En cette période estivale et alors que les enfants s'apprêtent à partir en grandes vacances, "il faut que l'attention et la sécurité soient renforcées sur toutes ces activités", rappelle l'avocat. Cette bataille doit aussi "tenir tout le monde en alerte sur le fait qu'il faut prendre toutes les précautions utiles quand il s'agit de jeunes enfants qui n'ont pas l'habitude de pratiquer des activités", estime ainsi Frank Natali.

"Violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité". Dans son arrêt, la cour ordonne le renvoi devant le tribunal correctionnel de Chambéry, pour homicide involontaire par "violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence", du gérant de la société River Club qui organisait la sortie, du responsable de l'activité sur place et du moniteur qui se trouvait dans la rivière au moment du drame.

La décision mentionne un arrêté du préfet des Hautes-Alpes de 1993 imposant un âge minimal de 12 ans pour l'hydrospeed et un nombre maximal de six pratiquants par encadrant. Le non-lieu a été confirmé pour une quatrième personne, un accompagnateur d'Étampes.

Un premier non-lieu annulé en 2014. Cette affaire a fait l'objet d'un véritable marathon judiciaire. En 2012, une juge d'instruction de Gap, initialement chargée du dossier, avait rendu un non-lieu général, contrairement aux réquisitions du parquet. Cette décision avait été partiellement infirmée par la cour d'appel de Grenoble qui avait confirmé le non-lieu pour les personnes physiques mais décidé du renvoi devant le tribunal correctionnel de la société River Club.

Après un pourvoi des parents d'Anissa, la Cour de cassation a annulé, en décembre 2014, le non-lieu dont avaient bénéficié les personnes physiques, en renvoyant le dossier devant la cour d'appel de Chambéry. En décembre 2015, la chambre de l'instruction était allée dans le sens du parquet général qui avait demandé qu'un juge d'instruction soit à nouveau saisi.

Dans son arrêt, elle avait infirmé l'ordonnance de non-lieu du chef d'homicide involontaire pour quatre personnes physiques au terme de l'instruction initiale, et ordonné "un supplément d'information" en vue de mettre en examen trois de ces personnes.