Fichage des djihadistes : Hollande juge "insupportable" le retard pris par l'Europe

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Fichage des djihadistes : Hollande juge "insupportable" le retard pris par l'Europe
@ STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP
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Dans une interview donnée à Bild, le président français remercie aussi l'Allemagne d'avoir aidé la France en intervenant au Mali et en Syrie.

François Hollande juge "insupportable" le retard pris par l'Europe pour le fichage des djihadistes, dans une interview au quotidien allemand Bild à paraître mercredi.

Le "coût élevé" du temps perdu. Interrogé sur les raisons de l'absence de fichage européen des "personnes dangereuses" alors que "les terroristes ne connaissent pas de frontières", le chef de l'Etat français répond : "parce qu'il y a du retard. Et c'est insupportable". "Le temps perdu est de plus en plus coûteux", prévient François Hollande qui appelle à "aller vite" dans cette interview. "C'est ainsi que nous serons plus efficaces et que nous pourrons convaincre les Européens qu'ils sont réellement protégés", fait-il valoir.

"Trop de temps pour décider". Pour François Hollande, "c'est le problème majeur de l'Europe : elle prend souvent trop de temps pour décider". "Pour autant, à la fin, l'Europe arrive toujours à trouver une solution, que ce soit sur les crises bancaires, les dettes souveraines, l'afflux de réfugiés ou même l'action contre le terrorisme", tempère le président français.

Plus d'argent pour la défense. Le président français appelle également à demi-mot l'Allemagne à renforcer son effort de défense au profit de la lutte contre le terrorisme. "Je remercie l'Allemagne pour le concours militaire qu'elle nous a apporté, au Mali mais également en Syrie", dit-il. "Je sais que c'était une décision très difficile à prendre car c'était d'une certaine façon une évolution de sa politique", ajoute encore François Hollande, "mais je préfère le dire : nos deux pays doivent consentir un effort budgétaire à leur défense et agir à l'extérieur de l'Europe". "Ne comptons pas sur une autre puissance, même amie, pour nous débarrasser du terrorisme", insiste-t-il.