Feu vert de l'Assemblée aux vaccinations anti-grippe par les pharmaciens

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Feu vert de l'Assemblée aux vaccinations anti-grippe par les pharmaciens
Cette expérimentation, votée jeudi soir, durera trois ans. Image d'illustration. @ KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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Les médecins généralistes pourront aussi stocker à leur cabinet les vaccins anti-grippe, une expérimentation qui durera trois ans. 

L'Assemblée nationale a donné son feu vert jeudi soir à l'autorisation à titre expérimental pour les pharmaciens de vacciner contre la grippe, et aussi pour les médecins généralistes de stocker ces vaccins en vue de leur administration.


"Être offensif" face au "déni de vaccination". Déjà adopté en commission, l'amendement pour autoriser durant trois ans, à titre expérimental, l'administration par les pharmaciens du vaccin contre la grippe saisonnière aux adultes a été largement adopté par l'Assemblée. "Il y a un déni de la vaccination en France" et "il faut être offensif", a soutenu Jean-Pierre Door (LR), soulignant l'intérêt de la mesure notamment pour le monde rural. "En ce qui concerne la grippe, seulement 48% des assurés à risque se sont fait vacciner en 2015-2016, soit un recul de plus de 14 points depuis 2009", a rappelé la rapporteure pour l'Assurance maladie du projet de budget de la Sécurité sociale, Michèle Delaunay (PS). La ministre de la Santé Marisol Touraine a salué avec cette expérimentation "une avancée importante" pour l'augmentation de la couverture vaccinale et une "simplification pour la vie des patients". 

Simplifier le parcours de soin. La ministre a fait adopter un autre amendement, présenté comme symétrique, prévoyant d'expérimenter pour trois ans la détention par le médecin généraliste, en vue de l'administration du vaccin contre la grippe saisonnière pour les femmes enceintes, les personnes en affection de longue durée et encore les personnes âgées de plus de 65 ans. L'idée est de simplifier le parcours de soins pour le patient, qui pourra consulter directement le professionnel qui le vaccinera.

Une mesure de lutte contre les déserts médicaux rejetée. L'Assemblée nationale a aussi rejeté dans la nuit de jeudi à vendredi une mesure de lutte contre les déserts médicaux précédemment avalisée en commission, mais qui avait provoqué une levée de boucliers du gouvernement et de la profession. Cet amendement de la commission des Affaires sociales au projet de budget de la Sécurité sociale entendait dissuader les médecins libéraux de s'installer dans une zone où exercent déjà de nombreux médecins, à moins qu'un autre ne s'en aille. Bien que des députés de gauche comme de droite aient soutenu l'idée dans l'hémicycle, la ministre de la Santé a opposé son "avis résolument défavorable".