Fashion Week : les coulisses de la création d'une tendance

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Fashion Week : les coulisses de la création d'une tendance
Le défilé Giorgio Armani de Milan mêlait couleurs sombres et profondes aux bleus électriques et rouges vifs@ TIZIANA FABI / AFP
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Dans toute Fashion Week, on retrouve des éléments communs à chaque défilé. Pourtant les créateurs ne se sont pas mis d'accord pour lancer une mode, alors comment une tendance voit-elle le jour ?

Après Milan, c'est au tour de Paris de devenir la capitale du prêt-à-porter à partir de mardi et jusqu'au 8 mars. Et pour la saison automne-hiver 2017-2018, bureaux de style et créateurs ont tranché, la couleur dominante sera le marron. Qui décide ? Pourquoi cette couleur et pas une autre ? Europe 1 fait le point sur la création d'une mode.

Quelle couleur sera à la mode l'hiver prochain ?

D'après les défilés de la Fashion Week italienne, il faudra porter du marron pour être dans le coup. "Des nuances classiques de brun et des tons plus animaux serviront de base à la palette de l’automne", a d'ailleurs affirmé le spécialiste international de la couleur Pantone. Mais comme le monochrome n'est pas de mise, il peut se décliner du beige clair au brun tabac et s'associer à des couleurs plus vives comme le rouge incandescent ou encore le violet tirant sur le lie-de-vin. 

Fashion Week Milan Ferragamo crédit : MIGUEL MEDINA / AFP

Au défilé Salvatore Ferragamo, les beiges nacrés étaient à l'honneur

Qui décide de ces tendances ?

Pour savoir un an à l'avance ce qui sera à la mode, rien n'est laissé au hasard. Si pour la haute-couture, les directeurs artistiques sont souvent des électrons libres, dans le domaine du prêt-à-porter, les élans de créativité sont plus tempérés. Bien que ce soient les stylistes des maisons de couture qui dessinent leurs modèles, ils ne partent pas de rien. Ils s'appuient sur les tendances anticipées par les "bureaux de styles".

La première activité de ces bureaux, c'est de découvrir la mode de demain. Les données compilées sont ensuite synthétisées en quatre thématiques pour chaque saison dans des "cahiers de tendances" créés par des stylistes, des coloristes mais aussi des sociologues. Car la mode doit avant tout répondre à une demande du consommateur et suivre la tendance qu'il donne lui-même. "Aujourd'hui les enjeux économiques sont considérables. L'industrie pèse des milliards d'euros. On ne peut pas se contenter de deviner l'avenir au doigt mouillé. On a donc établi un fonctionnement, une méthode", explique François Le Louët, président de Nelly Rodi, l'un des cinq bureaux de style historiques, à Slate.

Les créateurs se mettent-ils d'accord pour lancer une mode ?

Tous ont accès aux mêmes sources d'inspiration, que ce soient les cahiers de tendance des grands bureaux de style ou l'air du temps. Les stylistes de prêt-à-porter s'inspirent également des grandes tendances qui émergent des défilés de haute-couture qui se sont déroulés en janvier et en mars. Les professionnels de la mode assurent également qu'ils ne font que capter la tendance émergeant elle-même de la société. 

Mais finalement, à chacun son inspiration. Ces tendances définies à l'avance sont avant tout des garde-fous pour rassurer le créateur qui sait, en en respectant les fondamentaux, qu'il est sur la bonne voie. C'est pourquoi on peut retrouver des éléments communs comme une couleur, une forme ou une matière dans les collections de plusieurs marques. Bien que ces bases soient communes, il n'existe pas pour autant de grand-messe destinée à se mettre d'accord pour décider si le motif de la saison sera l'imprimé zèbre ou le pull over-size.