Évasion de Faïd : les complices "avaient sans doute repéré les lieux par le biais de drones"

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La ministre de la justice Nicole Belloubet a indiqué dimanche qu'il y a quelques mois, les services pénitentiaires de la prison de Réau avaient repéré des drones qui survolaient l'établissement.

Le commando qui a permis l'évasion spectaculaire par hélicoptère du braqueur récidiviste Redoine Faïd, dimanche d'une prison de Seine-et-Marne, avait "sans doute repéré les lieux par le biais de drones", a affirmé la ministre de la Justice Nicole Belloubet.

"Il y a quelques mois, les services de l'établissement avaient repéré des drones qui survolaient l'établissement", a indiqué Nicole Belloubet venue au centre pénitentiaire de Réau, en se disant toutefois "pas en capacité" de faire un lien formel avec l'évasion. "L'enquête judiciaire qui est en cours le dira", a-t-elle ajouté, soulignant que les complices du braqueur étaient passés par "une porte très peu utilisée". "Quelqu'un a repéré cette voie de passage possible, cela a pu être fait par le biais des drones", a-t-elle ajouté.



"Il s'agit d'une évasion hors-norme". Faïd "n'a pas été localisé à ma connaissance", a-t-elle ajouté, mais "les forces de sécurité sont extraordinairement mobilisées car nous savons que c'est quelqu'un qui est dangereux". Le braqueur récidiviste Redoine Faïd, 46 ans, s'est évadé par hélicoptère avec la complicité d'un "commando armé", cinq ans après une première évasion spectaculaire de la prison de Lille. "Il s'agit là d'une évasion hors norme, qui a supposé un commando très bien préparé" avec "un hélicoptère, trois personnes plus un instructeur pris en otage", a affirmé la garde des Sceaux.



Une inspection demandée par la ministre. La ministre a exposé le scenario d'un hélicoptère "qui ne se pose pas vraiment, mais reste en léger survol eu dessus de la cour", de "deux personnes qui sortent de l'hélicoptère pendant que le troisième surveille le conducteur", puis "scient le pêne de la porte avec une meuleuse et vont chercher Redoine Faïd". "Il me semble que l'ensemble des conditions étaient réunies pour que la sécurité soit assurée dans les meilleures conditions possible", a-t-elle ajouté. Néanmoins la ministre a "décidé de lancer une inspection" qui "dira s'il y a eu une défaillance en terme de sécurité active ou passive". "Les personnels n'ont de mon point de vue commis aucune erreur dans la gestion de cet événement", mais "il y a des filins partout dans cet établissement, sauf dans cette cour d'honneur" car "les détenus ne circulent jamais" là, "sauf lorsqu'ils doivent sortir". "Peut être faudra-t-il que nous revoyons cette position", a-t-elle ajouté.

Redoine Faïd était placé à l'isolement. Elle a jugé "pas tout à fait exacte" l'idée d'une insuffisance des effectifs, rappelant que le commando "était lourdement armé, avait des outils très particuliers, ce n'était pas une question de surveillants". Il y avait notamment "cinq surveillants dans les parloirs", a ajouté Nicole Belloubet. Le braqueur était "à l'isolement, dans un quartier sécurisé" et il était "particulièrement surveillé et suivi". Notamment lorsqu'il se rendait au parloir "il n'y avait personne sur son trajet de sorte qu'il ne croise aucune personne autre que les surveillants qui l'accompagnaient", a-t-elle précisé.