Pour la première fois la DGSE parraine un concours de cryptanalyse

  • A
  • A
Pour la première fois la DGSE parraine un concours de cryptanalyse
Partagez sur :

Bernard Bajolet, directeur général des services de renseignements français, détaille en exclusivité sur Europe 1, le concours inédit de cryptanalyse organisé dans les lycées.

Espions avant même d'avoir le bac ? La DGSE, les services de renseignement français vient de parrainer le tout premier concours de cryptographie, Alkindi, du nom d’un savant arabe qui a écrit un livre sur la manière de casser les codes secrets au IXème siècle, ouvert aux élèves de seconde. 18.000 d'entre eux ont joué aux espions. 

Des codes secrets complexes. Malgré leurs visages juvéniles, ces lycéens ont cassé des codes secrets complexes, dont l’un d’entre eux a même donné du fil à retordre aux militaires et espions français pendant la Première Guerre mondiale. Pour récompenser les élèves qui se sont distingués, un membre de la DGSE leur remet même un prix, sous l'oeil envieux des finalistes.

Au fil des épreuves, les équipes se sont prises au jeu. Les lycéens devaient remplacer des symboles par des lettres, déchiffrer le nom d’un animal ou d’un pays. "Le plus sympa, c'est lorsque que l'on a trouvé le début des lettres et que l'on arrive directement au message", précise une lycéen présent au concours.

 

Entendu sur Europe 1
Il faut investir dans la cryptanalyse parce que les réseaux terroristes utilisent de plus en plus des moyens cryptés
Bernard Bajolet, directeur général de la DGSE

Une parole rare. Eux s’amusent, mais pour les services de renseignement la discipline est stratégique. Bernard Bajolet est directeur général de la DGSE. Sa parole est extrêmement rare. Au micro d'Europe 1, il explique que la cryptanalyse fait aussi partie des armes contre les djihadistes. "Actuellement, notre priorité, c'est la lutte contre le terrorisme, et pour déjouer ces menaces, il faut investir dans la cryptanalyse parce que les réseaux terroristes utilisent de plus en plus des moyens cryptés. Dès lors, il faut avoir un temps d'avance par rapport à tous ces réseaux".

Préparer l'avenir. La DGSE ne recrute certainement pas dès la seconde, mais veut surtout s’ouvrir et préparer l’avenir. "Il s'agit d'instiller progressivement une culture de renseignement dans notre pays. Et donc c'est une façon aussi de participer à une culture civique des jeunes. Peut-être aussi de susciter des vocations, mais ce n'est pas le but immédiat". Pari réussi. Clara, une gagnante, confie qu’elle veut poursuivre dans cette voie. Dans sa main elle tient l’une des récompenses : une médaille dorée frappée du logo de la DGSE.