Esclavage moderne : ces femmes condamnées au silence

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Esclavage moderne : ces femmes condamnées au silence
L'esclavage moderne est souvent difficile à différencier du simple emploi de travailleurs sans papiers.@ MAXPPP
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PHENOMENE - Le gouvernement a présenté un plan visant notamment à former les forces de police à mieux identifier les victimes.

L’INFO. Aussitôt dit, aussitôt fait : le gouvernement a présenté mercredi son " plan de lutte contre l'exploitation des êtres humains et le travail forcé" promis par François Hollande le 10 mai dernier. En tout, ce sont 23 mesures qui ciblent les femmes victimes des réseaux de prostitution, les esclaves économiques, mais aussi les esclaves domestiques. S’il est impossible de chiffrer le phénomène dans l’Hexagone, l'Organisation Internationale du Travail estime à 270.000 le nombre de personnes concernées dans l'ensemble des pays industrialisés.

Venues du Maghreb, d’Afrique ou d’Asie. La plupart des jeunes femmes concernées par la problématique sont étrangères. Souvent arrivées adolescentes, elles viennent du Maghreb, d’Afrique noire ou encore d’Asie.

Elles quittent leur pays avec en tête un avenir radieux.. C’est ce qui est arrivé à Maryam. A 15 ans, elle est partie de son pays avec l'espoir d'aller à l'école en France. Logée chez une amie de sa mère, elle a vite déchanté. “Je faisais à manger et le ménage, tout ce qu’il y avait à faire dans la maison. Je commençais à 6h, je finissais à minuit”, explique-t-elle au micro d’Europe 1.

Figée par la peur. Le problème, c’est que dans ce genre de situation, les victimes sont souvent prises au piège dans des pays où elles sont seules et dont elles ne parlent pas la langue. “Elle avait pris mon passeport et tous mes documents comme mon extrait de naissance. Maintenant, tout est avec elle. Je ne disais rien parce que j’avais peur”, ajoute la jeune fille.

Former les policiers. Condamnées au silence, ces esclaves sont invisibles, c'est pourquoi le plan du gouvernement prévoit de former policiers et gendarmes à mieux identifier les victimes. La tâche la plus difficile étant d’arriver à les distinguer de simples travailleurs sans papiers. “On les différencie à la manière dont elles sont logées. Si elles ont un lit, si elles dorment par terre, si elles dorment dans un cagibi”, détaille Sylvie d’O’dy, la présidente du comité contre l’esclavage moderne.

Dans tous les milieux. Son organisme recueille environ 300 signalements par an. Avec l’expérience, elle sait désormais comment repérer les victimes de cette traite du XXIème siècle. “On regarde également la façon dont elles sont nourries, si elles mangent les restes, par exemple. Est-ce qu’elles ont le droit de se laver, est-ce qu’elles sont injuriées, battues ou maltraitées, poursuit la journaliste et écrivain. Est-ce qu’elles sont complètement sous l’emprise de la personne qui les exploite”.

Une tâche d’autant plus compliquée que ce type de situation n’est pas l’apanage unique des beaux quartiers. Ces esclaves sont partout, des hôtels particuliers aux grands ensembles des banlieues.

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