En prison depuis 2016, un ex-djihadiste réclame sa libération

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Ce chauffeur de bus d'une trentaine d'année, condamné à deux ans de prison en raison d'un court séjour effectué en Syrie en novembre 2013, doit être jugé en appel en janvier.

Trois semaines en Syrie et deux ans en prison. Un homme de trente ans a été condamné en avril pour association de malfaiteurs terroristes à deux ans de prison et trois ans de sursis et mise à l’épreuve. Le parquet qui demandait cinq ans a fait appel. L’homme a déjà passé 18 mois en détention, et son avocate réclame sa libération sous contrôle judiciaire, ce que refuse pour l’instant la justice.

Un bref passage en Syrie. En novembre 2013, mal dans sa peau, ce jeune chauffeur de bus se laisse embrigader sur Internet et part en Syrie. D’après son avocate, il n'y reste que trois semaines avant de faire demi-tour, dégoutté. De retour dans le sud de la France, il reprend son travail et son quotidien, avec sa femme et leurs deux enfants. Ce n’est que trois ans plus tard que les services de renseignement s’aperçoivent de ce séjour. L’homme est alors placé sur écoute, puis en garde à vue avant d’être condamné.

"Pas de trace de radicalisation". Son avocate assure pourtant qu’il a tourné le dos à la radicalisation. "Quand on l’interpelle, on découvre des tracts qui dénonce les attentats de Charlie Hebdo. Ça n’est pas rien", estime la juriste qui indique aussi que l’exploitation des conversations téléphonique et du matériel informatique saisi n’a rien donné. "Il n’y a pas de trace de radicalisation dans le cadre de l’enquête préliminaire. Il y a eu cet épisode en 2013, et puis ensuite, la seule chose qu’on peut lui reprocher, c’est de ne pas avoir couru au commissariat pour dire qu’il était allé en Syrie. Aujourd’hui, il est en détention provisoire, et on est presque en 2018", déplore-t-elle.

Mais pour le parquet, ce court séjour suffit à caractériser l’association de malfaiteurs terroristes. Il considère même qu’il existe un risque de renouvellement de l’infraction. Le trentenaire sera jugé en appel le mois prochain, en attendant une nouvelle demande de libération sous contrôle judiciaire doit être déposé vendredi matin.