En primaire, le dictionnaire fait de la résistance

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En primaire, le dictionnaire fait de la résistance
ERIC FEFERBERG / AFP
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L'ouvrage référence de la langue française fait partie des fournitures scolaires obligatoires pour les élèves. Une nécessité pour le corps enseignant, tant il permet de structurer la pensée des enfants.

Il pourrait avoir l'air désuet, voire inutile. Pourtant, le dictionnaire résiste encore et toujours au numérique, puisqu'il fait toujours partie des fournitures scolaires obligatoires pour les élèves de primaire français. Il en est même la pièce la plus chère, entre 19 et 25 euros en moyenne, mais l'Education nationale juge que cette dépense est utile. Et pour cause, les programmes exigent des enfants de savoir utiliser un dictionnaire papier. Chercher dans l'ordre alphabétique le plus vite possible, parcourir les pages est en effet un très bon moyen d'imprimer l'orthographe des mots.

L'importance du papier. Au-delà de cette fonction essentielle, le dictionnaire est aussi important en tant qu'objet physique. Les élèves voient le début et la fin de l'ensemble des mots de la langue française, parcourent l'ensemble de notre vocabulaire de A à Z, ce qui permet de structurer la pensée. Des bienfaits que ne fournit pas Internet. Selon Dominique Tozo, directrice d'une école parisienne, le défaut des définitions sur la Toile, c'est qu'elles n'offrent aucune hiérarchie : "L'enfant voit défiler des écrits sans trop savoir ou ça commence ni où ça se termine. Avec Internet, toute la partie où l'enfant utilise son intelligence est occultée. On tape le mot que l'on cherche, par exemple 'hippopotame', et on a la définition qui apparaît sans qu'on ait besoin de savoir où se place la lettre 'h' dans l'alphabet. Réfléchir, déduire, tout ce travail ne se fait pas !"

Les éditeurs s'adaptent pour concurrencer Internet. Les éditeurs de dictionnaires s'inquiètent également de la concurrence des contenus numériques. Pour lutter, ils mettent en place des stratégies marketing : ils fabriquent par exemple  des dictionnaires pour chaque tranche d'âge, avec une police de caractères et des contenus très calibrés pour chaque classe. Ils vendent en parallèle les dictionnaires avec des bonus numériques que les instits peuvent projeter au tableau, comme des planches de dessin qui présentent les grands fauves, les fruits et légumes ou encore les automobiles. Signe que si le dictionnaire reste essentiel, il ne se suffit plus à lui-même.