En maïs, en verre, en papier… À quoi va ressembler la paille de demain ?

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Critiqué, le plastique tend à disparaître de la maison, et les pailles n'échappent pas à cette volonté de se passer de ce matériau polluant. Tour d'horizon des alternatives actuellement disponibles sur le marché.

Les Américains en consomment chaque jour 500 millions, les fast-food français en utilisent 3,2 milliards tous les ans… Et pourtant, la paille en plastique est de plus en plus pointée du doigt pour son impact environnemental. "Elles sont trop petites pour être recyclées, elles passent tous les filtres", déplore auprès de l'AFP Yasmine El Kotni, co-fondatrice de l'association Bas les Pailles, qui milite pour leur interdiction en France. Mais par quoi la remplacer, chez vous ou ailleurs ?

L’émission Circuits Courts est consacrée mercredi 27 juin aux substituts du plastique. Autour d’Anne Le Gall et Maxime Switek, Mounia El Kotni, co-fondatrice de l’association Bas les pailles et Laetitia Van De Walle, co-fondatrice de la marque Lamazuna, discuteront des alternatives aux pailles, cotons-tiges et autres plastiques à usage unique.

Mois après mois, le plastique a de moins en moins la cote auprès des entreprises et des institutions. Les cotons-tiges en plastique seront ainsi interdits en France à partir de 2020. Au niveau européen, la Commission européenne a proposé d'interdire de nombreux produits en plastiques, dont les pailles, en imposant que ces articles soient fabriqués dans des matériaux plus durables. La mesure doit cependant encore être discutée par les États-membres et le Parlement européen.

Elle sera faite avec des matériaux recyclables

En attendant une interdiction en bonne et due forme, les alternatives au plastique commencent à se développer. La plus connue : les pailles en papier, de plus en plus accessibles dans les commerces et bientôt dans les fast-foods. Au Royaume-Uni et en Irlande, McDonald's va passer entièrement aux pailles en papier à partir de janvier prochain. En France, dès la rentrée, l'enseigne de fast-food prévoit de tester des alternatives au plastique pour ses restaurants français, comme des pailles biodégradables ou des gobelets avec fermeture intégrée. Avant, vraisemblablement, de généraliser ces pailles de substitution à l'ensemble du pays.

Les pailles en maïs constituent également une belle alternative aux modèles traditionnels. Des lycéens alsaciens ont développé Popstraw, un concept de pailles en amidon de maïs biodégradable, qui se transforment en compost au bout de 6 mois. Citons aussi les pâtes alimentaires creuses comme des pailles tout à fait adéquates pour un cocktail ou une boisson rafraîchissante à la maison.

Elle sera (sans doute) plus chère

Conséquence logique de l'utilisation d'autres matériaux que le très abordable plastique : la paille sera plus chère à l'unité. Par exemple, pour les pailles biodégradables en bio plastique issues du maïs, le coût est deux fois plus élevé que pour les modèles traditionnels. Idem pour les pailles en papier, cinq à dix fois plus chères selon le lieu où vous les achetez. Au fast-food, les restaurateurs seront peut-être tentés de répercuter ce surcoût de quelques centimes dans le prix des menus.

On en jettera de moins en moins

Mais la véritable nouveauté avec la paille du futur, c'est qu'elle ne sera plus un simple accessoire dont on se sépare aussitôt la boisson terminée. Les pailles en verre sont de plus en plus en vogue, avec leurs cousines en bambou ou en acier inoxydable, certes plus onéreuses à l'achat mais réutilisables et plus respectueuses de l'environnement. Comptez en moyenne entre 1 et 2 euros pour une paille en inox. Un kit de nettoyage est souvent fourni pour rassurer ceux qui s'inquiètent d'utiliser une paille de seconde main. On trouve même des fabricants de paille personnelle, dépliable et réutilisable, pour lesquelles il faut souvent débourser plus de 20 euros.

Elle sera bonne pour la santé

Et si la paille pouvait avoir un réel impact sur la santé ? C'est le sens du projet LifeStraw ("paille de vie", en anglais, NDLR), lancé pour permettre de transformer l'eau non-potable en eau potable grâce à un petit filtre qui élimine les bactéries causant typhoïde, choléra ou encore dysenterie. Les ONG tentent de lever des fonds pour acquérir cette paille grande comme un cigare, pour ensuite les distribuer aux populations à risque, comme en Afrique.