En immersion avec la police aux frontières, à Dunkerque

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De jour comme de nuit, la brigade mobile de recherche et ses 70 enquêteurs traquent les passeurs dans toute la région.

REPORTAGE

Minutie, patience et surtout discrétion. La police aux frontières a créé une unité spécialisée dans la traque et le démantèlement des filières de passeurs : la brigade mobile de recherche (BMR), qui compte près de 70 enquêteurs dans le Nord. Cette brigade multiplie les missions de surveillance autour du camp de Grande-Synthe, à Dunkerque.

Les véhicules britanniques dans le viseurPour identifier les passeurs, ces policiers ont une technique infaillible. Nuit après nuit, ils traquent les plaques d'immatriculation britanniques, toujours sur de grosses berlines. Ce soir-là, l'une d'entre elles est justement repérée, garée en plein quartier résidentiel de Dunkerque. "Il faut trouver le meilleur positionnement possible de telle manière à avoir un visuel sur le véhicule et rester discret quand même", explique Patrick, le chef d'équipe.

Des heures de planque. A l'arrière de la voiture banalisée, Laurent, téléobjectif et mini caméra sur les genoux, fait les derniers réglages. Après trois heures de planque, les talkies-walkies grésillent et la filature commence. Quarante kilomètres sont avalés en quelques minutes, jusqu’à l’aire autoroutière de l’Épitre, où les passeurs font régulièrement monter des migrants dans les camions. Une autre équipe, cachée directement dans la station, prend le relais pour les photos.

1.164 passeurs interpellés l'an passé. L'an dernier, 1.164 passeurs ont été interpellés, essentiellement des Albanais et des Kurdes irakiens et 27 filières démantelées. Depuis le début de l'année, le chiffre des arrestations atteint déjà 150. Mais pour Patricio Martin, patron de la BMR du Nord, c'est un éternel recommencement. "Ils (les passeurs) s'adaptent et se déportent sur des horizons plus lointains. Nous avons interpellé des gens à plus de 150 kilomètres, qui redescendent  pour pouvoir remonter vers le nord", explique-t-il au micro d'Europe 1.

L'autre difficulté, c'est de remonter l'argent. Toutes les opérations se font en cash, ou bien via des virements dans le pays d'origine, l'Irak ou l'Afghanistan, ou celui d'arrivée, la Grande-Bretagne. Sur ce point, selon certaines sources, la coopération policière pourrait encore être améliorée.