Employés sans-papiers : la SNCF rompt son contrat avec Vigimark

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Employés sans-papiers : la SNCF rompt son contrat avec Vigimark
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La SNCF a résilié jeudi son contrat avec la société qui employait des sans-papiers pour surveiller des gares franciliennes.

La SNCF a tranché. "Après enquête", elle a résilié jeudi "les contrats de gardiennage signés avec la société Vigimark, cette société employant des salariés ne disposant pas de titre de séjour sur le territoire français". Ce sous-traitant, chargé d'assurer la sécurité dans certaines gares d'Ile-de-France, faisait travailler 150 salariés sans-papiers.

Les protestations de Vigimark, qui assurait jeudi avoir "hérité de la situation" en reprenant le marché en 2005, et, depuis lors, "recherché tous les moyens pour permettre" la régularisation des employés en lien avec la SNCF, la préfecture et le syndicat Sud-Rail, ont donc été vaines. Vigimark va être remplacé par "une société de sécurité privée avec laquelle la SNCF travaille depuis de nombreuses années, qui reprendra donc le personnel affecté à ces contrats conformément à la législation".

Pour ce qui est de l'avenir des employés sans-papiers, "l'ensemble des engagements pris par la SNCF" à leur égard "seront tenus, comme l'entreprise s'y est engagée auprès des pouvoirs publics", assure la compagnie ferroviaire. En liaison avec la SNFC, la préfecture étudie le cas de 38 salariés qui ont lancé une action collective pour se faire régulariser.

La SNCF a indiqué avoir averti "l'ensemble des prestataires de sécurité" travaillant avec elle pour leur rappeler "leurs obligations légales à l'égard du code du travail". "Une campagne de contrôles des habilitations officielles d'agents de sécurité" a été engagée. Enfin, "un audit interne sur les conditions dans lesquelles les entreprises de sécurité privées emploient les salariés affectés à la protection des emprises ferroviaires" est en cours.

Le ministre de l'Immigration Eric Besson avait transmis lundi le dossier des employés sans-papiers à la justice, "compte tenu de l'ampleur et de la gravité des faits" : "infractions au droit de l'entrée et du séjour des étrangers, au droit du travail, au droit des professions réglementées dans le domaine de la sécurité, et au droit s'appliquant à la traite des êtres humains." La SNCF n'est pas à l'abri de poursuites, puisqu'Eric Besson avait souligné "la responsabilité du donneur d'ordre", c'est-à-dire la SNCF elle-même.

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