Emplois aidés : "Au bout de 25 contrats, je crois qu'ils me prennent pour un pigeon"

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Pour Patrick, 45 ans, dont plus de vingt de contrats précaires, la solution ne réside pas dans les contrats aidés.

REPORTAGE

Les ordonnances, mais aussi la réduction des emplois aidés attisent la colère des salariés dans le cadre de la réforme du code du travail. Ces emplois aidés sont le quotidien de Patrick depuis 20 ans, il les enchaîne à la mairie de Merville dans le Nord. Mais pour lui, ce genre de contrats n'est plus le Graal et il rêve de stabilité. Il s'est confié au micro d'Europe 1.

"A chaque fois, je pensais que j'allais avoir une embauche". Patrick a soigneusement conservé tous ses contrats signés depuis plus de 20 ans : TUC (travaux d'utilité collective), CES (contrat emploi solidarité), contrats d'avenir, contrats uniques d'insertion... Il les a tous testés aux espaces verts ou au service nettoyage de la mairie de Merville, une vie de petits boulots sans jamais décrocher le moindre emploi stable. "Là, j'ai eu un contrat de deux ans, après, une période de chômage, donc après Pôle emploi m'a demandé de postuler pour la mairie de Merville et après, ils me reprennent, c'est toujours comme ça. Et ça fait mon cinquième contrat que je fais depuis que j'ai quitté l'école. A chaque fois, je pensais que j'allais avoir une embauche plus tard, je pensais que j'allais avoir une petite étoile qui brillerait au-dessus de ma tête, mais non", résume-t-il.

Plus de subventions, l'espoir d'une formation. Avec 800 euros par mois en moyenne pour faire vivre la famille avec deux enfants, aujourd'hui Patrick est de nouveau au chômage et pour lui, ces emplois aidés ne sont pas une solution pour accéder au vrai marché du travail : "Après le contrat, il n'y a plus rien. Quand j'étais jeune, j'étais content d'avoir des contrats par-ci par-là, la mairie me prenait tout le temps, on avait des sous à la fin du mois, donc c'était bien. Mais au bout de 25 contrats, je crois qu'ils me prennent pour un pigeon." A la mairie, on l'a prévenu, il n'y a plus de subventions pour ces contrats aidés. A 45 ans, Patrick espère maintenant pouvoir intégrer une formation pour sortir enfin de ce système sans avenir.