Emploi et handicap : "Les quotas ne marchent pas si bien que ça", juge Sophie Cluzel

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Sur Europe 1, la secrétaire d'État a fait part de sa volonté de faire de "l'incitatif" plutôt que du "coercitif" pour "améliorer les dispositifs d'insertion professionnelle" des personnes handicapées.

INTERVIEW

Fin juin, 496.199 demandeurs d'emploi handicapés étaient inscrits à Pôle emploi, soit un taux de chômage de 19%, deux fois supérieur à la moyenne nationale. Pour remédier à ce problème, le gouvernement a annoncé lundi préparer pour le premier semestre 2018 une réforme visant à "améliorer les dispositifs d'insertion professionnelle" pour cette population. "Embaucher une personne handicapée, il faut que ça devienne incitatif, il ne faut plus être coercitif", presse sur Europe 1 la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées.

Des quotas pas respectés. Les lois se sont succédé, mais les résultats ne sont toujours pas ceux espérés. En 1987, les entreprises privées de plus de vingt salariés ont ainsi été contraintes d'employer 6% de personnes en situation de handicap. "Aujourd'hui, on est à 3,5-3,7% dans le privé, un peu mieux dans le public (5,3%, ndlr), avec des chiffres très irréguliers selon les secteurs, donc on voit bien que les quotas, ça ne marche pas si bien que ça", explique Sophie Cluzel dans Hondelatte raconte

Entendu sur Europe 1
Il va falloir que les entreprises imaginent autre chose que payer des taxes

"Il ne faut pas que le handicap soit une charge mais une chance". Car encore beaucoup d'entreprises préfèrent payer des amendes plutôt que de se conformer aux textes. "Elles estiment que c'est trop compliqué. Mais maintenant, il va falloir qu'elles imaginent autre chose que payer des taxes", estime la secrétaire d'État, elle-même mère d'une enfant trisomique. "Il ne faut pas que le handicap soit une charge mais une chance", souligne-t-elle. "La diversité doit être un levier de performance pour l'entreprise. C'est comme ça qu'on y arrivera".

Développer l'apprentissage. Et Sophie Cluzel d'exprimer également sa volonté de développer l'apprentissage, qui ne concerne actuellement que "1% des jeunes handicapés, alors que 70% des apprentis trouvent un travail après. Ça, c'est un vrai levier d'insertion professionnelle", conclut-elle.