Emissions de CO2 : la guerre des grammes fait rage dans l'automobile

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Emissions de CO2 : la guerre des grammes fait rage dans l'automobile
La compétition est de plus en plus élevé dans le secteur des véhicules propres.@ FABRICE COFFRINI / AFP
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Depuis le scandale Volkswagen de triches aux émissions, les constructeurs automobiles sont plus que jamais en concurrence pour promouvoir les voitures propres.

Moteurs améliorés, pièces allégées, accessoires mis au régime et solutions innovantes : la guerre de la réduction des émissions de CO2 fait rage dans l'automobile à l'approche d'échéances réglementaires et dans le contexte de récents scandales. pénalités potentielles de dizaines de millions d'euros

Pénalités de dizaines de millions d'euros. Les organisateurs du salon de Genève, qui ouvre ses portes mardi aux médias pour deux jours avant le grand public, veulent promouvoir les voitures émettant moins de 95 grammes de CO2 par kilomètre, le niveau d'émission que devront atteindre en moyenne les gammes européennes début 2021, contre 130 g en 2015. Si les constructeurs ne parviennent pas à 95 g, ce qui correspond à une consommation de 4,1 litres d'essence ou de 3,6 litres de gazole aux 100 km, ils devront s'acquitter de 95 euros par voiture et gramme de CO2 excédentaire, des pénalités potentielles de dizaines de millions d'euros.

Compenser la chute des voitures diesel. Le scandale Volkswagen de triche aux émissions a donné le signal d'un durcissement des procédures d'homologation européennes, mais aussi d'une chute des ventes de voitures diesel, "certainement plus rapide que les constructeurs ne l'auraient pensé", indique Christophe Aufrère, vice-président chargé de la stratégie technologique de l'équipementier Faurecia. Or, souligne-t-il, "un diesel émet environ 15% de moins de CO2 par kilomètre. S'il y a 30% de diesel vendus en moins, cela veut dire globalement 5% d'émissions supplémentaires" qu'il faut compenser.

"Compétition féroce." "Chaque gramme de CO2 gagné, c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent investi, et de plus en plus difficile", remarque Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem de l'automobile. "Les solutions sont de plus en plus chères", confirme Marc Charlet, directeur général du pôle de compétitivité automobile français Mov'eo: "Il y a un vrai enjeu compétitif derrière, avec une concurrence féroce."