"Ecole sans racisme" : la dure lutte contre les clichés

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"Ecole sans racisme" : la dure lutte contre les clichés
@ Salomé Legrand/Europe 1
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TOUCHE PAS A MON POTE - Un label "école sans racisme" a été créé pour les établissements qui s’engagent à lutter contre tous les types de discriminations. Reportage dans un lycée du Pas-de-Calais.

Christiane Taubira s’est rendue dans un collège qui a reçu le label "école sans racisme", jeudi à Saint-Nazaire. L'occasion pour pour la ministre de Justice de rappeler les efforts qu’il reste à faire pour lutter contre certains clichés. Ce combat, le collectif Coexist le mène justement au quotidien depuis 2004. Europe 1 a accompagné deux membres de cette association lors d’une intervention dans un lycée agricole à 20km d’Arras (Pas-de-Calais). Un binôme qui essaie de tordre le cou aux clichés auprès des élèves de quatrième et de troisième.

Dessins-clichés

© Salomé Legrand/E1

Des mots et des dessins. Dans une ambiance détendue, le binôme intervient face aux élèves. Première étape, une liste de 12 mots comme "femme", "immigré", "juif ", "africain", auxquels chaque élève doit associer tout ce qui lui passe par la tête. D’abord seuls, les élèves discutent ensuite par petits groupes. Tous les mots y passent et un rapporteur souligne ceux qui ont fait débat. Ensuite, place au dessin. Les élèves dessinent ces mêmes douze mots, histoire de laisser s’exprimer les plus timides et d’augmenter encore la visibilité des stéréotypes.
 
 A la fin de l’exercice, un élève par groupe vient présenter les dessins et l’échange se créé avec toute la classe. Au fur et à mesure, le duo Coexist détricote les préjugés.
 - Y en a qui sont pas d’accord pour dire que tous les jeunes des cités sont des arabes, parce qu’il y a aussi des arabes, dans les villages, qui sont comme nous, bien éduqués, polis tout ça. Est-ce-que dans les villages y a que des gens hyper bien éduqués ?
 - L'élève : Nan !
 - Alors pourquoi on associe plus la délinquance aux jeunes des cités ?
 - L'élève :Parce qu’il y a l’effet de groupe
 - Mais les jeunes des cités, vous ne marchez pas en groupes ?
 - L'élève : Si !

"Essayer de prendre du recul". "On se rend compte souvent dans les interventions qu’il y a eu un déclic, quelque chose qui s’est passé, on n’a pas une baguette magique qui fait disparaître les stéréotypes, de toute façon on fonctionne tous avec des stéréotypes, ce qui est important c’est qu’on essaye de leur permettre de prendre du recul", résume Raphaël, bénévole pour le programme depuis 5ans. "Ils se rendent compte rapidement que ça leur est familier, qu’eux-mêmes ont l’expérience suffisante pour se rendre compte que c’est une croyance fausse", conclut Nastasia sur un ton très optimiste.