Eagles of Death Metal : "un concert, ça peut bien finir aussi"

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Les Eagles of Death Metal reviennent sur scène mardi, trois mois après les attentats. Dans le public figureront notamment Barthélémy et Nina, deux adolescents rescapés du Bataclan.

Comme une thérapie. Le 13 novembre dernier, un groupe de cinq lycéens parisiens se retrouve au Bataclan pour assister au concert d'un de leurs groupes préférés. Dans la fosse, ils ont attendu couchés par terre l'intervention de la police au milieu des morts et des blessés. Tous ont eu la chance de s'en sortir indemnes, mais les blessures sont dans la tête. Ce soir, deux d'entre eux, Barthélémy et Nina, assisteront au concert du groupe Eagles of Death Metal, à l'Olympia. Aux côtés d'autres rescapés et proches des victimes, les deux adolescents de 15 et 17 ans tenteront de panser leurs plaies.

La musique pour évacuer. Ils disent aller mieux. Barthélémy se soigne notamment grâce à la musique et à son groupe amateur. Pendant des semaines, il l'avoue, il a évité de raconter à son psychologue ce qu'il avait vécu dans cette fosse du Bataclan. Pendant ce temps, il en écrivait des chansons. "Je sors d'une pile de cadavres couverts de sang, je sors de l'enfer", disent les paroles. Les textes sont noirs, mais cela lui a permis d'évacuer. "C'est quand même pour la musique que beaucoup de gens sont morts et que j'ai failli y passer. Les textes que j'écris parlent de ça, ça me fait du bien".

Pour se prouver "qu'un concert, ça peut bien finir aussi". Depuis le 13 novembre, il se défoule sur des jeux vidéo, à tuer des aliens qu'il a rebaptisé "les djihadistes". Son quotidien scolaire semble être devenu bien dérisoire à côté de sa reconstruction. Lui qui avait offert ce concert à sa petite amie Nina l'amènera à l'Olympia mardi soir, non sans une appréhension commune. "Il y aura les mêmes personnes dans la salle... J'avais peur de ne pas pouvoir supporter ça une deuxième fois mais c'est une bonne idée d'y aller pour un peu se rassurer en se disant qu'un concert, ça peut bien finir aussi", confie la jeune fille. 

Une cellule psychologique avant le concert. "C'est vrai que la première fois que j'ai vu qu'ils repassaient, je me suis dit que je devais y retourner, que c'était exactement ce qu'il nous fallait", raconte Barthélémy. "Maintenant, je suis un peu entre les deux. Je vais y aller, et puis si au bout de dix minutes je ne supporte pas, je me tirerai". Les spectateurs seront accueillis par une cellule psychologique, deux heures avant le début du concert.

Europe 1.fr vous propose de découvrir une de leurs chansons :


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