Double meurtre de Montigny-lès-Metz : les anciens codétenus de Heaulme à la barre

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Double meurtre de Montigny-lès-Metz : les anciens codétenus de Heaulme à la barre
Francis Heaulme sera confronté à ses anciens codétenus, jeudi à Metz. @ BENOIT PEYRUCQ / AFP
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L'audience de jeudi était notamment consacrée aux témoignages d'anciens codétenus de Francis Heaulme, qui affirment qu'il leur aurait fait des aveux.

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18h51
Le 11 mai 2017
C'est la fin de ce live. Merci de nous avoir suivis et rendez-vous sur Europe1.fr pour suivre la suite de ce procès dès vendredi.
18h10
Le 11 mai 2017
18h07
Le 11 mai 2017
18h05
Le 11 mai 2017
18h00
Le 11 mai 2017
17h54
Le 11 mai 2017
17h50
Le 11 mai 2017
17h19
Le 11 mai 2017
L'audience est suspendue jusqu'à 17h35. 
17h15
Le 11 mai 2017
La défense n'a pas de question pour Francis Grégoire mais fera "des observations sous forme de questions sur le milieu carcéral" à l'issue des trois dépositions d'ancien codétenus qui sont prévues aujourd'hui. 
17h12
Le 11 mai 2017
"Vous avez l'air surpris du comportement de Monsieur Heaulme, vous le fixez avec étonnement", note la substitut en s'adressant au témoin. Elle l'interroge sur les cailloux : "ça apparaissait souvent l'histoire des cailloux, le long d'une voie de chemins de fer". Il confirme que Heaulme lui a dit avoir voulu se venger en faisant "la même chose" aux enfants. 
17h09
Le 11 mai 2017
Me Vautrin rappelle qu'aucun reportage n'a jamais mentionné que l'enfant au pantalon baissé était le plus grand : cette confidence de Francis Heaulme à son ancien codétenu ne peut pas lui venir des médias.
17h07
Le 11 mai 2017
Le président s'étonne que la déclaration de Francis Grégoire n'ait "jamais été utilisée dans la procédure." Me Moser enchaîne sur les représailles qu'encourait le codétenu en écrivant à la justice : "T'as le malheur de dire que tu as été faire une déposition, tu te prends des coups de latte dans les douches", répond le témoin, des larmes dans la voix. "J'ai fait ça parce que j'ai des enfants, je ne suis pas une donneuse." Y-a-t-il gagné quelque chose ? "J'étais délinquant, j'avais douze mois à faire, je venais de faire dix ans, neuf mois et 28 jours, je n'avais rien à gagner", répond-il. "Vous n'avez strictement rien gagné ?" demande Me Moser. "Si, des problèmes." 
 
17h01
Le 11 mai 2017
Le président revient sur le couteau dont parle le codétenu. "Moi j'avais un couteau opinel, j'ai cassé la pointe", répond Heaulme. Le président rappelle qu'un couteau a été retrouvé près du lieu des crimes à Montigny. 
16h59
Le 11 mai 2017
Francis Heaulme est interrogé sur ces bons : "Je faisais mon courrier moi même sur papier libre à carreaux, comme toujours, jamais sur des bons de cantine. Monsieur Grégoire, c'est la première fois que je le vois." Est-ce qu'il lui a parlé de l'affaire de Montigny ? "Non, jamais". Le témoin répond : "je me demande pourquoi il ment, on faisait des parties d'échecs, il me mettait des volées phénoménales, il avait sept, dix coups d'avance, il a une mémoire phénoménale." Francis Heaulme : "J'ai jamais joué aux échecs, aux dames oui"
16h56
Le 11 mai 2017
Francis Grégoire observe à son tour le deuxième document. Il prend son temps. "Je me rappelle bien, c'est mon écriture, c'est ce qu'il me disait de noter quand on était dans l'atelier." 
16h54
Le 11 mai 2017
16h52
Le 11 mai 2017
A l'époque, le témoin avait joint deux papiers de cantine jaunes à sa lettre au procureur. Le président les a. Il lit la mention à l'arrière du premier : "information sur la 3, chaîne, Patrick Dils va parler à 12h53" (le document est présenté aux parties). Le témoin le reconnaît : "C'est monsieur Heaulme qui l'a écrit, c'est son écriture." Sur le deuxième papier, c'est moins compréhensible : "Parti à 13 heures, Vaux, en vélo, grand-mère. 13h30, Montigny, terrain. 14 heures, aller à Metz, voir des amis. Reparti à 17H15, arriver chez grand-mère." (Retranscription basée sur la lecture du président, impossible d'avoir l'orthographe originale). 
16h43
Le 11 mai 2017
"Je confirme tout ce qu'il m'a dit, tout ce qu'il m'a écrit. Ça me touche au plus profond de moi parce que j'ai une fille d'un an, un garçon de 18 ans, quand j'y pense j'en ai les larmes aux yeux. J'ai peut-être occulqué (sic) tout ça, mais ça me touche. J'aurais préféré qu'il ne me dise pas tout ça, qu'il ne me parle pas", réagit le témoin. "Je me rappelle maintenant."
16h41
Le 11 mai 2017
Dans son audition par le procureur, c'est aussi cet ancien détenu qui a dit que Francis Heaulme n'avouerait pas les meurtres de Montigny-lès-Metz par crainte que sa sœur ne vienne plus le voir en prison.
16h40
Le 11 mai 2017
 

Le président lit un procès-verbal d'audition de l'ancien détenu sur ce sujet. A l'époque, il avait dit "Heaulme m'a dit que ce n'était pas sa façon de travailler, qu'il faisait plutôt ça avec un couteau, mais il avait perdu le couteau qui lui avait servi pour faire un autre meurtre. Il l'avait ébréché ou cassé." Il racontait aussi que Heaulme lui  avait raconté avoir agi avec un complice, et n'avait confessé le meurtre que d'un seul "gamin"

16h29
Le 11 mai 2017
"C'est plus par rapport aux familles des victimes, parce que j'ai deux enfants aussi", explique le témoin pour justifier son courrier au procureur. Il revient sur sa relation avec Heaulme : "On se côtoyait tous les jours, on jouait aux échecs. C'est une amitié qui s'est créée entre lui et moi. On faisait des boîtes d’agrafes qu'on mettait dans des boîtes (?)." 
16h26
Le 11 mai 2017
"Je prends beaucoup de cachets avec ma maladie", explique le témoin, en fauteuil roulant, pour justifier ses trous de mémoire. "Il m'avait dit aussi qu'ils avaient jeté des cailloux mais je ne suis pas sûr, je ne veux pas dire tout et n'importe quoi. Je crois qu'il m'a parlé aussi de la couleur d'un des enfants, un slip bleu je crois, je ne suis pas sûr. Je vous dit, je prends énormément de cachets." Le président rappelle que le 20 avril 2002, Francis Grégoire a écrit au procureur pour raconter ces faits. Dans la lettre, il parle explicitement du dossier de Montigny-lès-Metz.
16h23
Le 11 mai 2017
Tous deux ont écrit au directeur de la prison pour faire leurs activités, travailler et aller en promenade ensemble. A une date dont il ne se souvient plus, Francis Heaulme a toqué dans son mur au retour d'une audition. "Il m'a envoyé un papier en marquant dessus 'j'ai besoin de ton aide, il faut que tu me trouves un alibi'." Le détenu a demandé pourquoi, Heaulme a répondu "pour l'affaire dans laquelle j'ai été entendu. Je n'ai pas rien à voir dans cette histoire." 
 
16h20
Le 11 mai 2017
On passe à Francis Grégoire. "J'ai rencontré monsieur Heaulme quand j'étais incarcéré pour une peine que j'étais en train d'effectuer", à Metz. "Dès mon arrivée, Francis a toqué dans le mur pour savoir si je venais d'arriver et si j'avais besoin de quelque chose. On a lié d'amitié (sic), on a parlé. Il m'a demandé si je voulais aller en salle d'activité avec lui, j'ai dit oui. Je ne savais pas du tout pourquoi il était incarcéré." 
16h17
Le 11 mai 2017
C'est la fin de l'audition de Laurent Iltis. 
16h14
Le 11 mai 2017
Me Giuranna demande au témoin si Francis Heaulme est plutôt "un randonneur débutant, un randonneur intermédiaire ou un randonneur expérimenté et en bonne condition physique" en 1986. "Francis Heaulme est avant tout un cycliste", répond le gendarme. "Oui, mais la randonnée c'est à pied", réplique l'avocat.  
16h10
Le 11 mai 2017
"N'avez-vous pas l'impression que tout ce que dit Francis Heaulme dit, quand ça va dans le sens de l'accusation, on le garde, et quand ça va dans l'autre sens, on ne le prend pas ?", demande Me Giuranna, troisième avocat de la défense. "Non", répond le témoin. L'avocat prend l'exemple des croquis : "Vous savez que d'autres gens ont fait des croquis, plus précis même ? Quand ce sont d'autres qui les font, on dit qu'ils les ont vus dans la presse. Mais quand c'est Francis Heaulme, non." (C'est une référence à Patrick Dils, qui avait aussi fait un croquis)
16h01
Le 11 mai 2017
15h59
Le 11 mai 2017
Me Bouthier embraye avec le sang sur les mains et les vêtements, probablement pour appuyer sa demande, déposée ce matin, d'entendre un expert sur la question. Vu la violence du crime, le meurtrier n'était-il pas "couvert de sang" ? (Pour rappel, les pêcheurs entendus hier ont recueilli Francis Heaulme quelques heures après les faits avec du sang seulement sur le visage). "Je n'en sais absolument rien", répond le témoin. "Je n'ai jamais vu de crâne fracassé. Vous aurez beaucoup de mal à trouver un expert qui vous dira ce que vous avez envie d'entendre. Ce n'est pas une scène figée, c'est une scène dynamique."
15h51
Le 11 mai 2017
Me Glock rappelle que l'enquêteur est né près de Vaux, où vit la famille de Francis Heaulme. Elle lit une question qu'il lui a posé en 2006 : "Si j'ai pas les réponses qui vont sur Montigny, il faut bien comprendre la chose suivante. il ne faut pas que la grand-mère, l'oncle soient emmerdés par des gens que tu as connu par le passé." Elle interroge : "Qu'est-ce que ça veut dire ? Ce sont des menaces ?" Le gendarme répond que ces "gens" ont eu des relations homosexuelles avec Francis Heaulme. "La chose la plus importante c'est de lui faire parler des meurtres", explique-t-il, justifiant l'utilisation de "leviers" pour le faire parler et rappelant, encore, qu'il avait très peu de temps. 
15h46
Le 11 mai 2017
15h41
Le 11 mai 2017
15h39
Le 11 mai 2017
Me Glock poursuit sur les "pressions" qu'aurait subi Francis Heaulme pendant cet interrogatoire, lit des extraits où le gendarme demande à l'accusé de le regarder dans les yeux. Elle pointe qu'il lui a aussi dit : "et moi, je te dis en face, je pense que tu as tué les enfants", continue de lire de longs extraits de cette audition et souligne le ton familier de l'enquêteur. "Mon temps était compté. Je me mettais dans son langage", répond calmement le témoin. 
15h34
Le 11 mai 2017
15h30
Le 11 mai 2017
L'avocate lit des extraits, un moment où le gendarme dit à Francis Heaulme : "et après, tu as été régler tes comptes, c'est normal", "sans point d'interrogation", à propos du fait des enfants qui lui avaient jeté des cailloux. Dans un autre extrait qu'elle choisit, il dit "ils ne t'ont pas soigné, c'est des salopards". Le gendarme ne se démonte pas. "Je lui pose les questions avec ses mots à lui. Il n'y a pas d'agressivité, rien n'est caché et c'est filmé."
15h28
Le 11 mai 2017
Me Glock revient sur les deux auditions de Francis Heaulme par Laurent Iltis (filmées). "Combien de temps vous l'avez entendu la première fois ?" demande-t-elle. "Huit heures", répond le témoin. "Et pourtant, le PV ne fait que neuf pages", s'étonne l'avocate. Elle souligne que la retranscription de la vidéo fait, elle, 65 pages. "Vous avez bien eu des choses à vous dire." 
 
15h18
Le 11 mai 2017
Elle accuse le témoin d'être "pas gentil" avec Heaulme (en référence au moment où, ce matin, il a dit que l'accusé avait dissimulé un emploi qu'il n'a occupé que pendant un mois). Il maintient. Elle le trouve "bien sévère".
15h14
Le 11 mai 2017
Me Glock qualifie le travail du gendarme Iltis d'"ingrat", vingt ans après les faits. "Vous faites des recherches pour retrouver un tel et vous découvrez qu'il est mort", lance-t-elle.
15h05
Le 11 mai 2017
L'avocat général revient sur les défaillances de l'enquête de voisinage en 1986. "J'ai retrouvé des gens dans la rue Venizélos qui n'avaient pas été interrogés" (en 2006, donc) confirme le témoin. "Ah. Il y avait des trous dans la raquette, si l'on peut dire", souffle le représentant du ministère public. "Oui", conclut le gendarme Iltis. 
14h58
Le 11 mai 2017
Mise au point de l'avocat général sur les preuves : "En matière de procédure pénale, il n'y a pas de hiérarchie des preuves. C'est pour ça qu'il y a l'intime conviction. Ça ne veut pas dire 'on fait n'importe quoi et on se détend', ça veut dire qu'on réfléchit, et qu'on se demande si un élément constitue une preuve". Ces éléments peuvent être des aveux, des témoignages, des recoupements, des écoutes téléphoniques, des analyses ADN, explique-t-il. Aucun ne l'emporte sur l'autre. 
14h50
Le 11 mai 2017
Me Rondu donne un coup de pouce à la défense et rappelle les premières conclusions du gendarme, en 2004, qui "ne permettent pas d'imputer le double meurtre de Montigny-lès-Metz à qui que ce soit". L'enquêteur rappelle que ces conclusions étaient partielles et que des années d'enquête ont suivi. "Les faits sont têtus", affirme-t-il aujourd'hui, rappelant, sans qu'on le lui demande, les liens entre Francis Heaulme et ce dossier. 
14h38
Le 11 mai 2017
14h36
Le 11 mai 2017
Un adjectif pour décrire les croquis de Francis Heaulme, demande Me Moser ? "Extrêmement troublants", répond le témoin. "Seule une personne qui a été sur les lieux du crime peut faire de tels croquis."
14h31
Le 11 mai 2017
Me Moser demande au témoin pourquoi "Heaulme n'est pas en situation de reconnaître des meurtres d'enfants"."Le premier argument tient à la fratrie et au sentiment affectif qui relie Francis Heaulme à sa sœur. Il a été décrit par certains témoins que sa sœur ne viendrait plus le voir en prison s'il reconnaissait les faits", commence le gendarme (la sœur de Francis Heaulme a démenti cette information à la barre en début de procès). "Il ne fait pas bon en prison être un tueur d'enfant", ajoute Me Moser. 
14h25
Le 11 mai 2017
On enchaîne avec les questions de Me Moser pour le gendarme Iltris. Il lui demande des précisions sur sa relation avec le juge d'instruction chargé du dossier de Montigny-lès-Metz en 2006 (il a sous-entendu à plusieurs reprises que leurs relations étaient tendues ce matin). "Entre gens qui sont animés par la quête de la vérité, on doit tout se dire. Sur le fait potentiel d'exhumer les corps des victimes nous n'étions pas en phase, le juge d'instruction et moi-même", répond le témoin. 
14h21
Le 11 mai 2017
12h50
Le 11 mai 2017
C'est la fin de l'audition du psychiatre. L'audience est suspendue jusqu'à 14 heures et reprendra avec les questions pour Laurent Iltis. 
12h45
Le 11 mai 2017
Heaulme a-t-il déjà exprimé des remords pour ses crimes devant le psychiatre ? "Non, pas à ma connaissance. Il attribuait les faits à autrui, les relatait factuellement, sans émotion et sans compassion vis à vis des familles." 
12h43
Le 11 mai 2017
"Est ce que Francis Heaulme considère encore autrui comme une personne ?" (ou comme un objet), demande le président. "Le pervers a un comportement pervers dans certaines situations et ensuite il mène une vie quasiment normale, jusqu'à une nouvelle situation qui va le propulser dans ce comportement à nouveau", répond le psychiatre. 
12h40
Le 11 mai 2017
Le président interroge sur le "but utilitaire" éventuel des mensonges de Francis Heaulme. Le docteur acquiesce. "Il nous dit 'vous êtes de très bons psychiatres, j'aimerais que vous me preniez en charge', alors qu'il sait qu'on ne va pas le faire", se souvient-il à titre d'exemple. "Son discours était un peu désarmant. Il a un niveau intellectuel qui est faible, mais une efficience intellectuelle qui est là. Il est présent dans la conversation."
12h35
Le 11 mai 2017
12h33
Le 11 mai 2017
L'expert lit les conclusions de sa dernière expertise, menée, on le rappelle, en 1996. Selon ce document, Francis Heaulme ne souffre d'aucune "pathologie mentale caractérisée", mais présente "une personnalité organisée sur un mode psychopathique, qui associe vérité et mensonge dans des scénarios imaginaires qu'il maîtrise parfaitement". Il note aussi que son "absence d'angoisse et de culpabilité représente une dangerosité importante". Une prise en charge psychothérapique est jugée "illusoire" en raison de son faible niveau intellectuel. Les médecins préconisent à l'époque l'administration de sédatifs pour contrôler les pulsions de Francis Heaulme. 
 
12h27
Le 11 mai 2017
Physiquement, le psychiatre constate "une musculature faible, des doigts filiformes, aucun tatouage mais de nombreuses cicatrices".  Il revient aussi sur le syndrome de Klinefelter, dont souffre Francis Heaulme (qui cause notamment une atrophie des testicules et une impossibilité d'éjaculer). Prudemment, il cite plusieurs travaux faisant des liens entre ce syndrome et des comportements agressifs, "une adaptation sociale conflictuelle"
12h20
Le 11 mai 2017
12h20
Le 11 mai 2017
"Compte tenu de cette personnalité, Francis Heaulme peut éventuellement présenter une diminution des signaux de vigilance", analyse l'expert, précisant qu'il est toujours conscient de ses actes, même lors de ses "états crépusculaires", lorsqu'il parle de "trous noirs" ou dit "je vois rouge". Le docteur évoque aussi les repères de l'accusé : sa mère, puis les communautés Emmaüs, l'hôpital et la prison. "Il y devient une célébrité, il est de la famille. Lorsqu'il perd ses repères, il est susceptible de passer à l'acte." 
 
 
 
12h15
Le 11 mai 2017
"Lorsqu'on utilise des propos simples, Francis Heaulme ne manifeste aucun trouble de la compréhension ni du langage oral", poursuit l'expert. "Au cours de l'interrogatoire, nous relèverons quelques réponses à côté", explique-t-il, y voyant une "technique de défense" plutôt que la marque d'une schizophrénie. "Cliniquement, le niveau intellectuel est faible", pour le psychiatre. "Mais le sujet est conscient de ce qu'il dit même s'il cherche à tromper autrui par des artifices." A l'époque, Heaulme n'est pas dépressif, "sans culpabilité, sans angoisse, sans remords"
12h11
Le 11 mai 2017
12h10
Le 11 mai 2017
Sur sa vie affective et sexuelle, Francis Heaulme disait qu'elle était normale. "Elle est surtout auto-érotique, et il décrit des fantasmes de femmes dénudées lorsqu'il se masturbe", estime l'expert. 
12h09
Le 11 mai 2017
L'expert revient sur l'enfance de Francis Heaulme, sa scolarité "catastrophique", la violence de son père, le décès de sa mère, ses nombreux séjours en hôpital psychiatrique pour des "attitudes d'auto-mutilation". Il précise que lors des deux expertises, Francis Heaulme était sous neuroleptiques, "des tranquilisants"
12h06
Le 11 mai 2017
A l'époque, Francis Heaulme "était dénué de toute affectivité" et se déclarait "malade psychiatrique". Le psychiatre décrit un "sens grandiose de soi" et une "jouissance dans la répercussion médiatique des faits", qui "occulte les victimes". Il cite Francis Heaulme : "J'ai vu une trentaine d'experts, tous les gendarmes de France, le directeur de la prison m'a dit vous êtes de la famille. Je ne voyage jamais en train, toujours en 504."
 
12h03
Le 11 mai 2017
Le témoin a pratiqué deux expertises psychiatriques concernant Francis Heaulme, dans les affaires Laurence Guillaume et Lyonelle Gineste, en 1994 et 1996. "Ce sont des expertises qui ont été pratiquées il y a 23 ans pour l'une et 21 ans pour l'autre", explique l'expert. "Je n'ai pas vu monsieur Heaulme depuis cette époque et je ne l'ai pas rencontré dans la procédure actuelle." 
12h01
Le 11 mai 2017
On passe à la visioconférence avec le docteur Jean-Claude Dubois-Bonnefond, qui apparaît à l'écran en costume gris, cravate rouge. Il est médecin psychiatre, ancien expert à la cour d'appel de Nancy.
11h59
Le 11 mai 2017
11h56
Le 11 mai 2017
Me Moser souligne que cette demande "aurait pu être formulée il y a déjà plusieurs années""Je ne vois pas très bien ce qui pourrait être demandé à cet expert, ça ressemble un peu à de la boule de cristal", renchérit l'avocat général. Me Giuranna défend la demande : "ça fait trente ans que la justice s'est trompée, nous dit-on. Est ce qu'on est à quelques minutes près ?" Pour rappel, les avocats de Francis Heaulme entendent demander à cet expert si l'accusé a pu commettre les crimes et ne pas avoir de sang sur les mains quelques heures plus tard, en se basant sur le témoignage des pêcheurs. 
11h52
Le 11 mai 2017
11h30
Le 11 mai 2017
L'audience est suspendue jusqu'à la visioconférence de 11h45. Le témoignage de Laurent Iltis reprendra après. 
11h19
Le 11 mai 2017
Lentement, le président égrène ses questions, ou lance des affirmations en attendant que le témoin réagisse. "Il vous a dit qu'il était monté sur le talus", rappelle-t-il. "Oui." S'en suit un long silence et le président reprend : "et donc ?" Nouveau silence et nouvelle relance : "bon ben dites nous ce qu'il est allé faire sur ce talus." C'est un peu laborieux et on n'apprend pas grand chose de nouveau.
11h03
Le 11 mai 2017
Le président demande au témoin s'il a envisagé de demander une exhumation des corps des enfants au juge d'instruction en 2006, "une décision extrêmement grave". "J'en parle effectivement au magistrat instructeur", répond le gendarme, qui souhaitait voir certains vêtements des enfants, avec lesquels ils avaient été enterrés. Mais le juge d'instruction refuse. 
10h56
Le 11 mai 2017
Après avoir entendu Francis Heaulme, "on y était", estime le témoin, alors convaincu de l'implication de l'accusé dans le dossier de Montigny. Il a tenté de joindre le juge d'instruction à quatre reprises pour lui expliquer son intime conviction, en vain. 
10h54
Le 11 mai 2017
10h50
Le 11 mai 2017
Laurent Iltis revient sur ses deux interrogatoires de Francis Heaulme, en mai 2006. Il souligne les variations dans le discours de l'accusé, qui a déclaré ne jamais être allé à Montigny-lès-Metz le 28 octobre 1986, avant d'admettre s'y être rendu, puis de dire avoir vu des corps des enfants : "Il les appelle : 'petit, petit'. Il indique en retourner un, celui qui n'a pas le pantalon baissé."
10h41
Le 11 mai 2017
Le témoin s'est aussi intéressé à la famille de Francis Heaulme. "La vie à Vaux n'était pas simple : bagarres, alcoolisme aigu. Le grand-père passait littéralement par la fenêtre." Il rappelle que le père de l'accusé battait sa mère. "Francis s'interposait, il a reçu des coups." Lorsque sa mère est morte, son père et sa sœur ont quitté le domicile familial. "Monsieur Heaulme était seul et il était la risée de tout le quartier. Il était surnommé le taré, le zinzin."
10h36
Le 11 mai 2017
Laurent Iltris regarde Francis Heaulme quand il parle de lui. Il revient sur ses nombreux mensonges lorsque les enquêteurs l'ont entendu avant le procès en révision de Patrick Dils. Son exposé commence à durer, plus aucun juré ne prend de notes.
10h27
Le 11 mai 2017
"Les enfants que j'ai entendus m'ont raconté que la zone était fréquentée par de nombreux SDF et marginaux. C'était vrai", explique-t-il. Pour dire "homosexuel", il dit "pédéraste"
 
10h24
Le 11 mai 2017
Lorsqu'il a repris les investigations, l'enquêteur a entendu une trentaine enfants qui avaient l'habitude de jouer sur le talus, les riverains, les employés municipaux, etc. En tout, plus d'une centaine de personnes. Il détaille les réponses jugées intéressantes à chaque fois, on comprend que son enquête était extrêmement minutieuse.
10h20
Le 11 mai 2017
10h15
Le 11 mai 2017
C'est aussi lui qui a recherché la fameuse 4L des pêcheurs, pas évident car elle n'avait pas été vendue "selon les règles". Il a réussi à remonter de propriétaire en propriétaire, jusqu'à une casse. Mais il ne l'a pas retrouvée... 
10h10
Le 11 mai 2017
Laurent Iltis raconte sa recherche de traces des excréments retrouvés près du lieu des crimes, mais ils n'avaient pas été conservés en 2006. Il a également travaillé sur les pierres et la manière dont les groupes sanguins retrouvés sur ces dernières avaient été séparées, en quête, notamment, de l'ADN de Francis Heaulme. Là encore, les analyses ne pouvaient plus être menées 20 ans après.
10h06
Le 11 mai 2017
"J'ai recherché ensuite le wagon, même 20 ans après les faits", poursuit le témoin, toujours très sérieux. Il donne la marque, "rive Europe". Il a entendu de nombreux interlocuteurs, notamment à la SNCF. 
 
10h01
Le 11 mai 2017
Il raconte qu'en 1986, "les journalistes étaient parfois autorisés à se rendre sur les scènes de crime,". Lorsqu'il a récupéré l'enquête, il a donc eu l'idée de perquisitionner les domiciles d'anciens reporters, à la recherche de photos du talus de Montigny qu'ils auraient prises et qui pourraient s'ajouter à celles présentes dans le dossier. La démarche n'a rien donné.  
09h57
Le 11 mai 2017
Témoin suivant : le lieutenant-colonel Laurent Iltis, 39 ans, en uniforme. Très sérieux, il parle en s'appuyant sur une fiche de notes. Il a notamment entendu Francis Heaulme en 2006. Il parle des photos de la scène des crimes, qu'il a longuement étudiées "pour y trouver des choses".
09h50
Le 11 mai 2017
Me Bouthier insiste et demande "officiellement" qu'un "spécialiste de la morpho-analyse des traces de sang" soit sollicité pour venir répondre devant la cour avant la fin du procès. "Un rideau de fumée", répond Me Moser.  
09h46
Le 11 mai 2017
Me Bouthier revient sur l'intégration des témoignages des pêcheurs dans le PV de Lembert. Les deux hommes ont dit avoir vu du sang sur le visage de Francis Heaulme, mais pas sur ses mains ni ses vêtements, à part quelques petites taches. Cela dit-il quelque chose de l'implication d'Heaulme dans les crimes ? "Les seuls éléments que j'ai, c'est un homme ensanglanté", balaye le témoin. 
09h41
Le 11 mai 2017
09h35
Le 11 mai 2017
Le président enchaîne la lecture de procès-verbaux rédigés par l'enquêteur il y a quinze ans pour tenter de raviver sa mémoire, en vain. "Je n'ai pas un souvenir suffisamment précis pour être capable de restituer les auditions de l'époque, c'étaient des vérifications que nous faisons. Je suis désolé de ne pas pouvoir en dire plus", répond le témoin. 
09h29
Le 11 mai 2017
09h22
Le 11 mai 2017
"Je ne fais que répéter ce que vous savez déjà", concède le gendarme. Il liste ces fameuses similitudes : l'extrême violence du crime, le déshabillage partiel d'une victime, le fait que Francis Heaulme ait été hospitalisé quelques jours après. Il évoque un autre point déjà largement abordé devant la cour : les allusions faites par Francis Heaulme au dossier de Montigny-lès-Metz alors qu'il était interrogé dans d'autres affaires. 
09h18
Le 11 mai 2017
On commence avec Roger Lembert, 65 ans, retraité de la gendarmerie. Costume gris, chemise verte, cravate. Il a terminé sa carrière avec le grade de colonel. "En ma qualité de commandant de section de recherche de Metz, j'ai eu à connaître l'évolution du dossier de Montigny-lès-Metz", explique-t-il. En 2002, il a été chargé de rédiger un procès-verbal listant les similitudes entre l'affaire de Montigny et les crimes dont Francis Heaulme avait déjà été reconnu coupable. 
09h15
Le 11 mai 2017
Le président annonce un nouveau changement de planning : le docteur Dubouis-Bonnefond, dont l'audition, annulée hier faute de temps, avait été reportée à lundi, sera finalement entendu aujourd'hui à 11h45 en visioconférence.
09h01
Le 11 mai 2017
Bonjour et bienvenue pour une nouvelle journée de live du procès du double meurtre de Montigny-lès-Metz, en direct de la cour d'assises de la Moselle. Au programme aujourd'hui : d'anciens enquêteurs ayant interrogé Francis Heaulme ce matin, et d'anciens codétenus du "routard du crime" cet après-midi.
DANS LA SALLE D'AUDIENCE

La troisième semaine du procès de Francis Heaulme se poursuit devant les assises de la Moselle, à Metz. Mercredi, la cour avait entendu les "pêcheurs" qui ont recueilli le tueur en série le soir des meurtres de Cyril et Alexandre, 8 ans, le 28 octobre 1986, mais aussi Henri Leclaire, un temps considéré comme son complice potentiel. Jeudi, d'anciens enquêteurs chargés du dossier et des ex-codétenus de Francis Heaulme étaient attendus à la barre.  

L'accusé aurait notamment confié à certains de ses anciens codétenus son agacement lorsque des enfants lui avaient jeté des pierres. À d'autres, il aurait plus directement indiqué son implication dans le dossier de Montigny-lès-Metz. L'audience de vendredi pourrait donc livrer de nouveaux témoignages précieux, à cinq jours de la fin du procès. Les jurés de la cour d'assises de la Moselle ont jusqu'au 18 mai pour se forger une conviction.