Double meurtre de Montigny-lès-Metz : Francis Heaulme face à l'homme qui l'a arrêté

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Double meurtre de Montigny-lès-Metz : Francis Heaulme face à l'homme qui l'a arrêté
La troisième semaine du procès de Francis Heaulme doit s'ouvrir mardi, à Metz. @ BENOIT PEYRUCQ / AFP
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La troisième semaine de procès du "routard du crime" s'est ouverte mardi. Les assises de la Moselle ont entendu le gendarme Jean-François Abgrall.

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19h27
Le 09 mai 2017
Le témoignage est terminé, l'audience est suspendue et reprendra demain matin à neuf heures.
19h19
Le 09 mai 2017
Interrogé par le gendarme à l'époque, Francis Heaulme a avoué le meurtre de Jean Rémy, retrouvé en partie dénudé. "Il a tenu à me dire qu'il n'était pas homosexuel", se souvient le retraité. Tuée de cinq coups de couteau, la victime était "méconnaissable".
19h13
Le 09 mai 2017
19h09
Le 09 mai 2017
"Peu de personnes pensaient alors que l'affaire de Boulogne-sur-Mer était imputable à Francis Heaulme", se souvient-il. Après la découverte du corps, les enquêteurs privilégiaient les thèses du différend familial ou du meurtre crapuleux.
19h06
Le 09 mai 2017
L'audience reprend avec l'audition de Francis Auzeville, gendarme à la retraite. En 1992, il a enquêté sur la mort de Jean Rémy, un retraité de 63 ans tué à Boulogne-sur-Mer. Francis Heaulme a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour ce meurtre.
18h40
Le 09 mai 2017
L'audience est suspendue pour dix minutes.
18h36
Le 09 mai 2017
C'est la fin de l'audition de l'ex-gendarme Abgrall. 
18h32
Le 09 mai 2017
"Les fait, il ne les reconnaît jamais, il se pose en spectateur", rappelle Jean-François Abgrall, toujours à côté de Francis Heaulme. "On est dans le schéma classique de ses réponses, même s'il a l'air fatigué aujourd'hui.  Je le trouve un peu éteint." 
18h30
Le 09 mai 2017
Francis Heaulme, qui refusait de répondre aux questions ce matin, continue de se défendre : "Ce coup ci, c'est pas moi. Je suis passé par hasard, d'ailleurs chaque fois que je passe quelque part il y a un mort. Mais Montigny ce n'est pas moi, je le dirai jusqu'au bout." 
18h28
Le 09 mai 2017
"Je n'ai pas fait de mal aux enfants", martèle Francis Heaulme. "Ils ne m'ont pas touché" avec leurs jets de pierres (...) Je n'étais pas fâché"
Le président demande à Jean-François Abgrall de s'approcher. Les deux hommes parlent chacun dans un micro, côte à côte. L'ex-gendarme confirme que Francis Heaulme lui a dit avoir vu des enfants morts le long de la voie ferrée. "Non", intervient l'accusé. 
18h22
Le 09 mai 2017
"Vous en voulez à Monsieur Abgrall ?", demande le président à Francis Heaulme. "Un petit peu", répond-il. "Pourquoi ?" L'accusé garde le silence pendant plusieurs secondes, tremblotant. Le président reprend la parole : "Est-ce que vous ne devriez pas le remercier de vous avoir arrêté, parce que vous auriez continué à tuer sinon ?""J'aurais arrêté", assure Heaulme. 
 
18h17
Le 09 mai 2017
Le président fait sortir Francis Heaulme du box pour l'entendre aux côtés de Jean-François Abgrall. Il l'interroge sur la confession qu'il aurait faite au gendarme à la prison de Brest en 1992, sur sa promenade dans l'est de la France, au cours de laquelle il aurait vu deux enfants morts le long d'une voie de chemin de fer. Est-ce la vérité ? "Non. L'autre fois je vous ai raconté comment ça s'est passé. Je peux recommencer si vous voulez", répond Francis Heaulme. 
 
"J'étais sur la route. Il y a eu des jets de pierre. Je me suis arrêté, j'ai regardé, il n'y avait personne, je suis parti, je suis repassé sous le tunnel et j'ai repris la route" explique-t-il. 
 
 
18h11
Le 09 mai 2017
Un autre défenseur d'Heaulme demande à Abgrall à combien d'exemplaire s'est vendu son livre, "Dans la tête du tueur". "45, 50.000 exemplaires", répond le gendarme. "Ah tout de même ! 50.000 exemplaires ! ça plus consultant sur TF1, ça commence à faire", s'exclame l'avocat dans une référence au rôle de "conseil" effectué par l'ex-gendarme pour le téléfilm adapté de son récit. "Ça vous a rapporté, cette histoire." Le président demande à ce que l'on recentre les débats. 
18h06
Le 09 mai 2017
L'un des avocats de la défense revient sur le tutoiement entre Jean-François Abgrall et Francis Heaulme : "on a vraiment l'impression qu'il vous a dit ce que vous vouliez entendre". Abgrall réplique : "S'il avait suffit de le tutoyer ça aurait été une affaire simple, qui aurait été extrêmement vite réglée."
18h01
Le 09 mai 2017
Les avocats de la défense continuent d'attaquer Heaulme sur des questions de procédure, le témoin se défend, ne flanche pas. Un premier compte-rendu de cet après-midi d'audience, qui semble toucher à sa fin, est à écouter dans le journal de 18 heures, en direct sur Europe 1.
17h47
Le 09 mai 2017
Et l'avocate d'évoquer le téléfilm "Dans la tête du tueur", une adaptation d'un livre de Jean-François Abgrall sur le "routard du crime". L'ex-gendarme a été consultant pour la préparation de ce film. "Vous avez participé au dessin de ces plans ?", demande-t-elle en montrant des croquis issus du film, censés imiter ceux de Francis Heaulme. "Non", répond le témoin. Elle l'interroge sur sa rémunération. "Comme un avocat", sourit-il. On s'éloigne doucement du dossier. 
 
17h36
Le 09 mai 2017
Me Glock continue d'asticoter le témoin  sur des questions de procédure. Elle l'interrompt fréquemment, le ton monte un peu. 
 
17h27
Le 09 mai 2017
L'avocate continue, sur un ton assez agressif. Elle demande à Abgrall dans le cadre de quelle procédure il a interrogé Francis Heaulme à la prison de Brest, en 1992. "On effectuait une fiche de diffusion, je devais retracer son itinéraire", répond-il. "Quelle affaire ?", interroge-t-elle ? Le témoin explique que cette démarche ne concernait aucun dossier en particulier. "Vous allez donc, dans un cadre juridique ignoré, taper la discut' avec Francis Heaulme", ironise Me Glock. "Vous êtes un électron libre."
17h21
Le 09 mai 2017
On passe aux questions de la défense. Me Liliane Glock demande combien de fois Jean-François Abgrall a entendu Francis Heaulme. Le témoin est incapable de donner un nombre, répète qu'il l'a auditionné dans trois affaires mais à un nombre de reprises dont il ne peut se souvenir. "Vous avez été gendarme, vous savez ce que c'est qu'une procédure. Vous dites j'ai eu avec lui des entretiens, des entrevues. Ça n'existe pas", tacle l'avocate. 
17h17
Le 09 mai 2017
Interrogé par l'avocat général, Jean-François Abgrall décrit, à nouveau, la manière dont se passaient les interrogatoires de Francis Heaulme : "C'est un personnage qu'on écoute plus qu'on l'interroge. Il vous explique les choses à sa façon, toujours de manière originale. Il va tourner en boucle et puis changer de sujet, donc c'est assez épuisant. C'est intense, ce n'est pas quelqu'un qui parle pour ne rien dire. Il distribue ses mots quand ça devient grave, de façon à voir s'il se met en danger.
17h11
Le 09 mai 2017
"J'ai l'impression que vous avez réussi à nouer une relation presque de confiance avec Francis Heaulme", commente Me Patrice Buisson, l'avocat de Jean-Claude Beining, à l'attention de l'ex-gendarme. "Ma position a été de coordonner tout ça, donc il connaît ma tête", répond Abgrall. Mais il n'a jamais avoué un crime "pour (lui) faire plaisir", assure-t-il. Dans le box, Francis Heaulme n'a presque pas bougé en plus de deux heures d'audition. Ses yeux sont toujours braqués sur le témoin. 
16h57
Le 09 mai 2017
Me Dominique Rondu, avocat de Ginette Beckrich, pose une première question très claire à l'ex-gendarme : "Qu'est ce qui pourrait vous permettre d'affirmer une participation de Francis Heaulme aux crimes de Montigny-lès-Metz ?" Jean-François Abgrall énumère : "On sait qu'il donne un caractère utilitaire à ses agressions, il faut un tout petit motif de passage à l'acte" (en l'occurrence les enfants lui avaient jeté des pierres), "on a deux enfants morts, on sait qu'il les a vus", "on a Francis Heaulme qui marche le long de cette même voie de chemin de fer, avec, sur lui, du sang qui n'est pas le sien"
 
"Je ne connais pas tous les détails du dossier, mais c'est déjà pas mal", estime le témoin. "Le déshabillement partiel des victimes, tout ça c'est son répertoire, c'est sa signature", poursuit-il. "Il n'y a pas de place pour le hasard."
16h49
Le 09 mai 2017
Me Alexandra Vautrin, avocate de Dominique Beckrich, rappelle que Francis Heaulme ne s'exprime que très peu depuis le début du procès, alors que Jean-François Abgrall fait, lui, état de longues confessions dans de précédents dossiers. "On a pu lui conseiller de ne pas parler", estime l'ex-gendarme. "Lorsqu'il a été confronté à une juge d'instruction, j'étais là, sa défense était là, il a parlé."
16h40
Le 09 mai 2017
Le président demande à l'ex-gendarme s'il pense que les crimes de Francis Heaulme auraient continué si le tueur en série n'avait pas été arrêté, en janvier 1992. "Il n'y avait aucune raison que ça s'arrête", répond Abgrall."Mais on l'aurait interpellé un jour ou l'autre, sachant qu'il ne prenait pas de précautions particulières."
 
16h34
Le 09 mai 2017
Jean-François Abgrall revient maintenant sur les croquis réalisés par Francis Heaulme dans les différents dossiers dans lesquels il a été entendu. Il évoque des dessins "très scolaires" et Heaulme, "comme un gamin", qui prenait le temps de se souvenir précisément. "Quand il faisait des croquis, il parlait au présent, comme s'il se basculait dans la scène", estime l'enquêteur. 
16h30
Le 09 mai 2017
Toujours interrogé par Me Moser, l'ex-gendarme évoque les "hospitalisations refuge" qui ponctuent le parcours de Francis Heaulme. "On va retrouver une seule hospitalisation d'office, un internement. Sinon chaque fois il y va tout seul", explique-t-il. Dans la plupart des cas, les maux dont il dit souffrir sont feints.
Ces hospitalisations interviennent "quand il est loin, qu'il n'a pas de refuge et qu'il va simuler un malaise". Dans d'autres cas, et notamment dans la région de Metz, d'où il est originaire, "c'est juste une manière de disparaître de la circulation."
16h27
Le 09 mai 2017
Pour Jean-François Abgrall, Francis Heaulme a deux"tabous" : la sexualité, et les enfants. "Dans les auditions, on évitait de parler de sexe ou d'enfants, c'étaient des choses qui l'énervaient. Il ne parle jamais d'enfants, mais de jeunes." Lorsqu'on l'interroge sur d'éventuelles agressions sexuelles, il répond, à chaque fois : "je ne suis pas un sadique". 
 
 
16h21
Le 09 mai 2017
Nouvelle question de Me Moser, avocat de Serge Beckrich. En 1992, qu'a fait Jean-François Abgrall des confidences de Francis Heaulme sur ses souvenirs "dans l'est", qui ressemblaient aux crimes de Montigny ? "Je les note, je vais voir le procureur à Brest, qui me dit, on va vérifier", se souvient-il. "Je ne trouve rien sur l'affaire qui nous intéresse aujourd'hui". Mais il laisse une trace écrite de ces déclarations, une fiche appelée "meurtres à coups de pierre", et la diffuse auprès des gendarmeries. 
16h15
Le 09 mai 2017
16h12
Le 09 mai 2017
Pour rappel, Henri Leclaire, un temps soupçonné d'être impliqué dans le double-meurtre de Montigny, a depuis été définitivement blanchi. 
 
16h11
Le 09 mai 2017
Fait troublant : lorsque Francis Heaulme a été entendu par Abgrall pour la première fois, en Normandie, il a évoqué le nom d'un Henri Leclaire, qu'il aurait rencontré au sein de la communauté Emmaüs de Brest. "On  a recherché un Henri Leclaire à Brest", en vain, explique l'ex-gendarme, qui attribue aujourd'hui cette confidence à la confusion mentale de Francis Heaulme."Je n'avais pas du tout l'expertise qu'on a maintenant, quand on s'aperçoit que les noms qu'il donne correspondent à d'autres affaires. On peut penser que le nom qu'il a donné à l'époque correspond à cette affaire ci", poursuit-il. 
16h02
Le 09 mai 2017
16h01
Le 09 mai 2017
Le président interroge maintenant le gendarme sur le mobile des crimes de Francis Heaulme. "On a quelqu'un qui a un déficit de sexualité, qui ne peut pas avoir de rapport sexuel, cela provoque une souffrance en lui", estime Jean-François Abgrall. Pour rappel, le "routard du crime" souffre du syndrome de Klinefelter, qui l'empêche notamment d'éjaculer. "Il a un chromosome féminin en plus, il y a cette ambivalence sexuelle", poursuit Abgrall. "On va retrouver ça dans le panel de ses victimes : des hommes, des femmes, des enfants." 
 
15h54
Le 09 mai 2017
Abgrall revient sur le "caractère sexuel" de "chacune des agressions" de Francis Heaulme. Très souvent, les victimes ont été retrouvées dénudées ou mi-dénudées. Le gendarme énumère tous les dossiers et confirme la récurrence de ce comportement. Pour rappel, l'une des deux victimes de Montigny-lès-Metz a été retrouvée le pantalon baissé.  
15h49
Le 09 mai 2017
Le président revient à l'affaire de Montigny et demande à Abgrall de décrire précisément les mots employés par Francis Heaulme la première fois qu'il a parlé de sa "petite histoire", "dans l'est de la France". "Quand il parle, il fait les gestes en même temps", se souvient le gendarme. "Il dit 'je tourne à gauche, je vois les gamins morts près des wagons'. C'est quelqu'un qui vous donne son ressenti, il a quelque chose de sincère.'"
15h41
Le 09 mai 2017
"On parle d'affaires françaises, est-ce qu'il a eu des rapprochements à l'international ?" demande le président. "Oui bien sûr", explique Jean-François Abgrall. Le routard du crime a par exemple expliqué s'être rendu à Namur, près d'une église. Le gendarme a alors été entendu par les enquêteurs belges, qui travaillaient sur deux meurtres commis dans la région.
15h36
Le 09 mai 2017
15h33
Le 09 mai 2017
Le président interroge Abgrall sur les détails de ses auditions de Francis Heaulme. Dans le box des accusés, le principal intéressé écoute, imperturbable. Veste bleue, col blanc, il est très pâle et ses traits sont tirés.
15h28
Le 09 mai 2017
Le président interroge Abgrall sur la cellule d'enquêteurs chargée de retracer l'itinéraire de Francis Heaulme. "Cela s'est fait au niveau de la direction de la gendarmerie. Ils ont mis un groupe à Rosny-sous-Bois", ou étaient regroupées les bases de données des gendarmes, explique-il. Plus de 400 points de passage du "routard du crime" ont été identifiés.
15h25
Le 09 mai 2017
Abgrall explique comment s'est fait le rapprochement entre Heaulme et le dossier de Montigny."En 1997, une stagiaire avocate parisienne envoie une lettre à la section de recherche de Rennes. Elle dit défendre les intérêts d'un jeune qu'elle pense être innocent, dans le dossier de deux enfants tués à coups de pierre sur un talus de Montigny-lès-Metz, en 1986." Les gendarmes pensent immédiatement à la "petite histoire" d'Heaulme. 
15h21
Le 09 mai 2017

Abgrall décrit l'attitude d'Heaulme lors de ses différentes auditions. Dans plusieurs dossiers, il fournit "des plans détaillés" des lieux des crimes. "Par contre, le résumé des faits, il ne sait pas faire", explique le gendarme. "Il n'agit pas forcément seul, il vous donne des noms. Il a des noms d'emprunt, il va se faire appeler Picard ou Nigel." 

15h18
Le 09 mai 2017
A l'époque, Abgrall rédige un signalement correspondant aux faits commis dans "l'est de la France", mais aucun dossier répertorié ne correspond. Parallèlement, "une diffusion nationale" du profil d'Heaulme et de son itinéraire est mise en place pour tenter d'identifier d'autres crimes.
15h16
Le 09 mai 2017
 

Une fois qu'Abgrall vient interroger Heaulme dans sa prison de Brest, il lui dit : "je me rappelle où je suis passé. Je me rappelle d'un certain nombre de villes." En plusieurs auditions, "il me raconte celles qu'on pourrait baptiser les 'petites histoires'", explique le gendarme. Parmi ces histoires, l'une d'entre elles rappelle les meurtres de Montigny. Heaulme déclare : "Je suis passé dans l'est de la France. A droite, il y avait un talus, en haut la voie de chemin de fer. J'ai reçu des cailloux jetés par des enfants, je suis revenu avec l'intention de les corriger. Quand je suis revenu, ils étaient morts, il y avait les pompiers et les policiers." 

15h12
Le 09 mai 2017

Les témoignages et les indices s'accumulent pour le meurtre de Brest, Francis Heaulme l'avoue et est arrêté. Abgrall l'entend à nouveau, à plusieurs reprises. "Je t'ai raconté des conneries", lui dit-il une fois. Parfois, il donne des détails. "Mais quand il ferme la discussion, il ferme la discussion", se souvient Abgrall. "Il ne se passe plus rien." 

15h07
Le 09 mai 2017
 

"Parfois, il a l'impression d'avoir du sang sur les mains, au point qu'il est obligé de se laver les mains. Je me demande à qui j'ai affaire", poursuit Abgrall, Heaulme est relâché mais le gendarme poursuit son enquête sur lui. Elle le conduit à Rosny-sous-Bois, puis à Avignon, où un meurtre comportant des similitudes avec celui d'Aline Pérès a été commis.

 

15h04
Le 09 mai 2017
 

"Quand je rencontre, je n'ai aucun historique" avec lui, explique Abgrall. "J'ai affaire à un personnage qui ne demande pas pourquoi il est là, qui est dans l'observation. Je lui fais remarquer qu'il est plus âgé que moi de quelques jours, il me dit 'je pourrais vous tutoyer'. Je dis oui." Le gendarme lui demande comment il s'est retrouvé à la rue. Heaulme explique que lors d'un bref séjour à l'armée, il a appris à "tuer une sentinelle.""On l'attrape par la gorge, on lui met un coup au coeur, on lui met un coup aux reins", explique-t-il. C'est exactement le mode opératoire du meurtre d'Aline Pérès."J'ai l'impression que je suis en face de l'assassin", explique Abgrall.

14h58
Le 09 mai 2017
 

 

L'enquête du gendarme le mène au foyer Emmaüs du Relecq-Keruhon, près de Brest. "Le nom de Francis Heaulme apparaît comme étant un résident de cette communauté", explique Jean-François Abgrall. Heaulme est contrôlé en juin 1989 en Normandie, pour n'avoir pas payé son billet de train. C'est là que Jean-François Abgrall peut l'entendre pour la première fois. 

14h53
Le 09 mai 2017
Costume noir, chemise grise, Jean-François Abgrall entre dans la salle un dossier sous le bras. Il raconte le meurtre d'Aline Peres, tuée de trois coups de couteau à Brest en 1989, sur lequel il travaillait alors qu'il était enquêteur à la section de recherche de Rennes. "La victime était partie prendre un bain de soleil pendant sa coupure professionnelle", se souvient-il. Le fait qu'elle n'ait pas pu se défendre révèle, selon lui "une marque de savoir-faire pour l'agression dont elle a été victime." 
 
 
 

 

14h48
Le 09 mai 2017
Bonjour et bienvenue dans ce live consacré au procès de Francis Heaulme, jugé pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz, commis en 1986. Cet après-midi est consacré à l'audition de Jean-François Abgrall, ancien gendarme qui a passé une partie de sa carrière à traquer le "routard du crime". Son audition devrait durer plusieurs heures.
DANS LA SALLE D'AUDIENCE

Le "routard du crime" et le gendarme qui l'a arrêté, côte à côte : le procès de Francis Heaulme pour le meurtre de deux enfants en 1986 a tourné, mardi, à une confrontation avec celui qui aurait, un jour de 1992, recueilli ses presque aveux. "Chaque fois que je passe quelque part, il y a un meurtre. Mais Montigny ce n'est pas moi", a répété Francis Heaulme, à quelques centimètres à peine de Jean-François Abgrall, dont le témoignage tend à l'incriminer.

L'ex-gendarme, devenu depuis enquêteur, venait de déposer pendant quatre heures, passé au grill par la défense de Heaulme, qui l'accuse à demi-mots d'avoir inventé une conversation avec l'accusé, le plaçant près du talus SNCF sur lequel Cyril Beining et Alexandre Beckrich, 8 ans, ont été retrouvés, le crane fracassé à coup de pierre.

Jean-François Abgrall est le premier à avoir fait le rapprochement entre Francis Heaulme et les crimes de Montigny-lès-Metz. Alors qu'il interrogeait Francis Heaulme en 1992, le tueur en série lui avait raconté avoir aperçu deux enfants morts le long d'une voie ferrée, près d'un talus, dans l'est de la France. Une description détaillée, et correspondant exactement à la scène des crimes de 1986. 

Revivez l'audience en direct avec notre journaliste sur place.