Djihad : le pensionnaire d'un centre de déradicalisation mis en examen et écroué

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Djihad : le pensionnaire d'un centre de déradicalisation mis en examen et écroué
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Mustafa S. était connu des services antiterroristes et de la justice car il avait fait partie de la filière djihadiste de Strasbourg, un groupe de jeunes hommes originaires du Bas-Rhin qui avaient rallié la zone irako-syrienne en décembre 2013.

L'un des pensionnaires d'un centre de déradicalisation a été mis en examen et écroué vendredi, soupçonné avec deux autres hommes arrêtés avec lui dans le Bas-Rhin d'avoir voulu se rendre en 2016 en zone irako-syrienne, a-t-on appris samedi de source judiciaire.

Parmi ses proches, l'un des kamikazes du Bataclan. Mustafa S., 24 ans, avait été admis en septembre dans le premier centre de déradicalisation ouvert par le gouvernement en France, alors qu'il était suivi par les services de renseignement. Il a été mis en examen par les juges antiterroristes comme les deux jeunes hommes arrêtés avec lui lundi dans le Bas-Rhin, pour association de malfaiteurs terroriste délictuelle, a indiqué la source judiciaire. Les trois hommes ont été placés en détention provisoire par un juge des libertés et de la détention, comme l'avait requis le parquet de Paris, a précisé la source.

Mustafa S. était connu des services antiterroristes et de la justice car il avait fait partie de la filière djihadiste de Strasbourg, un groupe de jeunes hommes originaires du Bas-Rhin qui avaient rallié la zone irako-syrienne en décembre 2013. Parmi eux, Foued Mohamed-Aggad, l'un des kamikazes du Bataclan, et deux autres frères morts en Syrie. En décembre 2013, Mustafa S. n'était pas parti, car sa famille l'avait rattrapé in-extremis, à l'aéroport de Francfort, avaient révélé les investigations.

Son placement avait reçu un "avis favorable" d'une commission locale. Son admission dans le centre de déradicalisation pose question car cette structure avait été présentée comme devant accueillir des personnes en voie de radicalisation. D'après des sources au ministère de l'Intérieur, son placement avait reçu un "avis favorable" d'une commission locale, mais les services de renseignement s'en étaient "étonnés" après coup. L'enquête le visant avait été lancée par le parquet de Paris en novembre. Avec les deux autres mis en examen, il lui est reproché d'avoir tenté une seconde fois de se rendre en zone irako-syrienne, mais par la route, en mai 2016.

Les trois hommes auraient rebroussé chemin après un contrôle de police sur une aire d'autoroute en Allemagne, un scenario confirmé par Mustafa S. en garde à vue, après son interpellation mardi à Wissembourg (Bas-Rhin), a indiqué une source proche de l'enquête.