Bizutage au sein de l'équipe de gym des pompiers de Paris : dix pompiers renvoyés devant le tribunal

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Il y a cinq ans, cette affaire de bizutage au sein de l'équipe de gym des pompiers de Paris avait fait grand bruit. Dix pompiers sont renvoyés devant le tribunal correctionnel.

INFO EUROPE 1

C'est un scandale qui avait éclaboussé les pompiers de Paris il y a cinq ans : des accusations de viol au sein de l'équipe de gymnastique, qui avait dû être dissoute. Dix pompiers sont renvoyés devant le tribunal correctionnel. La juge d'instruction demande un procès, notamment pour agressions sexuelles.

Supplices au fond du bus. Lorsque l'affaire éclate juste après la présidentielle de 2012, on découvre les pratiques de bizutage au sein de l'équipe de gym de la brigade des sapeurs pompiers de Paris. Deux jeunes militaires racontent le retour traumatisant d'une exhibition en Alsace. Ils détaillent les agressions subies dans le car ou plutôt au fond du car, baptisé "le Bronx".

Allongés, déculottés, sur la banquette arrière ou sur les genoux de leurs camarades, ils subissent des morsures jusqu'au sang, on leur met du Baume du tigre sur les plaies... et ailleurs. La liste des supplices fait frémir. Pour appuyer son témoignage, l'une des deux victimes fournit aux enquêteurs une vidéo tournée avec un téléphone portable.

Trois des pompiers seront jugés pour agressions sexuelles. Il faut alors définir les rôles. Il y a ceux qui agissent. Et ceux qui laissent faire. Les magistrats veulent aussi s'assurer que les accusations, d'une extrême gravité, sont rigoureusement exactes. Certains pompiers soupçonnent l'un des deux plaignants d'avoir joué la provocation et d'en avoir rajouté pour faire ensuite du chantage. Face au scandale, l'équipe de gym est dissoute. Et la brigade secouée par ce scandale de bizutage a vu une dizaine de ses membres placés en garde à vue. 

Il a fallu cinq ans d'une instruction chaotique, avec trois juges différents, pour venir à bout de cette enquête extrêmement sensible. Aujourd'hui, dix pompiers sont renvoyés devant le tribunal correctionnel. La qualification de viol a finalement été abandonnée, mais trois des pompiers seront jugés pour agressions sexuelles.