Dix mois avec sursis requis contre un instituteur pour violences sur des enfants de 3 ans

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Dix mois avec sursis requis contre un instituteur pour violences sur des enfants de 3 ans
Deux enfants, âgés d'un peu moins de trois ans, s'étaient notamment vu prescrire 2 et 3 jours d'ITT. (Photo d'illustration).@ JACQUES DEMARTHON / AFP
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Cet instituteur de Pantin, âgé de 61 ans, a été décrit par des agents territoriaux comme un homme à bout de nerf.

Une lèvre tuméfiée, un hématome au crâne... Une peine de dix mois de prison avec sursis a été requise mercredi à Bobigny contre un instituteur de Pantin, accusé de violences sur quatre de ses élèves, âgés de trois ans. L'enseignant de 61 ans, qui nie avoir été violent et parle "d'exigence", avait été placé en garde à vue le 24 septembre 2015 après le signalement d'une Atsem (agent territorial spécialisée des écoles maternelles) qui l'assistait auprès d'enfants de petite section. En poste depuis douze ans à l'école Liberté, dans cette commune de la banlieue est de Paris, il avait également été suspendu de ses fonctions. 

2 à 3 jours d'ITT. Face aux policiers, deux Atsem avaient décrit un enseignant à bout de nerf, qui aurait notamment "soulevé et jeté un enfant violemment sur le sol, face contre terre" ou frappé la tête d'un autre contre un mur, en l'asseyant brusquement sur un banc. Au terme de l'enquête, quatre parents s'étaient portés parties civiles. Deux enfants, âgés d'un peu moins de trois ans, s'étaient notamment vu prescrire 2 et 3 jours d'ITT (incapacité totale de travail) pour des blessures légères aux lèvres et à la tête.

Un homme qui "n'est plus en capacité". Serrés sur le banc des parties civiles, ces parents ont écouté mercredi les larmes aux yeux le tribunal correctionnel citer les Atsem ou la directrice de l'école, évoquant "un homme qui n'est plus en capacité, qui n'a plus la posture, plus l'attitude" malgré 24 ans de carrière et "bon rapport" de sa hiérarchie. Et l'instituteur, inflexible, de répéter d'une voix rauque : "je n'ai pas voulu les violenter". "Je suis quelqu'un d'exigeant, mais de bienveillant avec mes élèves", s'est-il défendu, appuyé par son avocat, David Chemmi, qui a pointé les versions selon lui "contradictoires" livrées par les Atsem.

Un "lien de confiance" rompu. Niant tout geste violent, le fonctionnaire a toutefois concédé avoir été "fatigué et pas bien" à cette époque. Pour le procureur, l'instituteur n'est "ni un tortionnaire, ni un bourreau d'enfant", "mais il a dépassé les limites de l'acceptable".  Avant de requérir 10 mois de prison avec sursis et l'interdiction d'exercer une activité en contact avec des mineurs, le représentant du ministère public a dénoncé des "faits très graves". Et regretté que le prévenu "aie rompu le lien de confiance qu'avaient les parents d'élèves en l'instituteur, l'école, et l'école comme institution", reprenant les mots de l'un des avocats des parties civiles, Quentin Lancian.