Deux vies gâchées pour une erreur de diagnostic

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Deux vies gâchées pour une erreur de diagnostic
@ JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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TÉMOIGNAGE - Pendant sept ans, mère et fille ont été traitées par erreur pour une myopathie. Elles en gardent un goût amer.

"Un loupé". Toute sa vie, elle se souviendra de ce coup de fil. En février, Mireille reçoit un appel gêné du CHU de Nancy. Cette habitante de Lunéville, en Meurthe-et-Moselle, traitée depuis plusieurs années pour une myopathie mitochondriale, est invitée à refaire des examens médicaux. "On me dit qu’il y a certainement eu un loupé ", raconte à Europe 1 cette mère de famille. "J’ai refait une biopsie et on a eu la confirmation en juin", détaille-t-elle dans l’Est Républicain.

Mais pas d'excuses. La confirmation est un véritable choc. Murielle apprend qu’elle n’a, en réalité, jamais été atteinte de cette maladie dégénérative des muscles. "Comment peut-on foutre en l’air autant d’années à quelqu’un ? Comment peut-on faire vivre ça ? ", interroge Mireille, qui ne "décolère pas " et attend toujours des excuses de l’hôpital.

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Une vie entre parenthèses. Retour en 2008. Mireille, qui pense avoir une simple carence en vitamines, s’entend dire par un neurologue qu’elle souffre de myopathie mitochondriale. Le choc est rude. La mère de famille s’imagine déjà vivre en fauteuil roulant. Suit un traitement médical très lourd. Perd son emploi. N’arrive plus à se projeter dans l’avenir. "J’ai même dit à mon mari qu’il pouvait s’en aller…", se souvient-elle, encore émue, "parce que l’avenir ne sera pas rose".

Quelques mois plus tard, on annonce à Murielle que sa fille souffre aussi de myopathie mitochondriale. "Chez notre dernière, une prise de sang n’a pas été bonne. Et comme un spécialiste nancéien des maladies orphelines avait déjà posé le diagnostic pour moi, ils étaient sûrs qu’elle était touchée aussi…", explique la mère de famille à l’Est Républicain.

Entre les mains d'un avocat. Le dossier est aujourd’hui entre les mains d’un avocat qui va déposer un référé auprès du président du tribunal administratif. "Je veux faire constater l’erreur qui me semble incontestable. Je demande une provision pour l’ensemble des victimes de ce dossier et je sollicite une expertise judiciaire pour connaître les conséquences de la médication imposée à la maman et à sa fille », précise t-il au quotidien régional.