Deux policiers homosexuels portent plainte pour harcèlement

  • A
  • A
Deux policiers homosexuels portent plainte pour harcèlement
Partagez sur :

Deux policiers municipaux de la ville de Cannes ont déposé plainte pour "harcèlement moral". Ils s'estiment victimes, depuis de nombreux mois, de discrimination de la part de plusieurs collègues en raison de leur homosexualité. Leur avocat a demandé lundi que l'IGPN se saisisse de cette affaire.

"Lors des tournées de nuit, j'étais toujours relégué à l'arrière du véhicule et les deux agents à l'avant ne m'adressaient pas la parole. Il y a un mois et demi, un collègue a refusé de me serrer la main en me disant qu'il avait peur de choper ‘une saloperie’", raconte Alain Marty, 38 ans. Avec son collègue, Nicolas Persec, 34 ans et comme lui policier municipal à Cannes, ils ont décidé de porter plainte pour "harcèlement moral".

Les deux agents assurent que les brimades de leurs collègues du service de nuit de la police municipale de Cannes ont débuté quand ceux-ci ont acquis la conviction qu'ils étaient homosexuels. Nicolas Persec a retrouvé inscrit sur son casier : "100% tarlouze". Pour Alain Marty, la rumeur prétendait qu’il était atteint du sida parce qu’il avait bénéficié d’un congé maladie. L’homme a ensuite fait une tentative de suicide.

"La hiérarchie de la police a fermé les oreilles sur cette affaire. Il n'est pas acceptable que des fonctionnaires se comportent de manière homophobe", a déclaré lundi Me Gilbert Collard, l'avocat des policiers. Avant de porter plainte contre X, ces derniers assurent en effet avoir multiplié les rapports adressés à leur hiérarchie directe, sans avoir reçu "aucune réponse". Me Collard a indiqué lundi qu'il avait demandé que l'Inspection générale de la police nationale, la police des polices, se saisisse de cette affaire.

Les deux policiers ont aussi obtenu pour mercredi un rendez-vous avec le maire de Cannes Bernard Brochand (UMP). Yvette Fouga, l'une de ses adjointes, a assuré lundi qu'il avait "réagi immédiatement" dès qu'il avait eu connaissance de l'affaire et que la mairie pourrait aider les policiers dans leur défense.