Sécurité routière : deux experts claquent la porte du CNSR

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Sécurité routière : deux experts claquent la porte du CNSR
@ MARTIN BUREAU / AFP
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Claudine Perez-Diaz et Claude Got jugent que le Conseil national de la sécurité routière est "en perdition". Ils ont décidé de démissionner pour marquer leur rupture.

"Incompétence, surdité, obstination..." Deux experts du Conseil national de la sécurité routière ont décidé de démissionner, estimant que l'organisme "n'assume pas ses fonctions". Dans une tribune publiée mardi dans Le Monde, Claudine Perez-Diaz, sociologue et chargée de recherche au CNRS, et Claude Got, professeur de médecine spécialiste de l’accidentologie, expliquent leur décision. "Refusant d’être associés sans réagir à l’incompétence, la surdité et l’obstination dans l’erreur, nous démissionnons du comité des experts auprès du Conseil national de la sécurité routière. Quand des organisations n’assument pas leurs fonctions, il faut expliquer pourquoi et les quitter. Toute autre attitude relève d’une forme de compromission irresponsable conduisant à la culpabilité".

"Le ministre a ridiculisé le CNSR". Les deux experts reprochent notamment au ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, d'avoir refusé d'abaisser de 90 à 80 km/h la vitesse maximale autorisée sur le réseau secondaire, sans même attendre l'avis du CNSR. "En refusant d'écouter avant de décider, le ministre a ridiculisé le CNSR - il a écarté la mesure qui permettait de renouer avec de bons résultats et d'attendre l'objectif fixé par le gouvernement. La démagogie a prévalu sur l'efficacité", écrivent-ils, alors que la mortalité sur les routes a connu en 2014 sa première hausse depuis douze ans (3.388 morts).

Manque de moyens. Les deux chercheurs dénoncent le manque de volonté politique pour réduire la mortalité routière. "Pour la première fois depuis douze ans, la mortalité annuelle sur les routes a progressé de 171 tués au cours des treize derniers mois. L’objectif gouvernemental d’abaisser à 2.000 la mortalité sur les routes en 2020 ne sera pas atteint avec les méthodes de gestion actuelles", déplorent Claudine Perez-Diaz et Claude Got.

Les experts regrettent l’abandon de l’abaissement de 90 à 80 km/h de la vitesse sur route et le manque de moyens alloués aux radars mobiles.

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