Deux ans après les attentats de Paris et Montrouge, les juifs de France se sentent-ils en sécurité ?

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Deux ans après les attentats de Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher et de Montrouge, les Juifs de France se "sentent moins seuls".

REPORTAGE

Depuis quelques jours, les cérémonies se multiplient pour rendre hommage aux victimes de Charlie Hebdo, de l'Hyper Casher et de Montrouge, où la policière Clarissa Jean-Philippe a été tuée par Amedy Coulibaly il y a tout juste deux ans. Après ces attentats, la grande inquiétude de la communauté juive avait fait beaucoup de bruit. Deux ans après, alors que les départs vers Israël ont chuté de 30% au 1er semestre 2016, les Juifs de France se sentent-ils aujourd'hui davantage en sécurité ?

"On se sent un peu moins seul". Portail opaque en métal noir, caméras de surveillance et SAS de sécurité à l'entrée, l'entrée de l'école confessionnelle juive de Créteil est très sécurisée. Mais, une fois à l'intérieur, l'ambiance change. Les parents d'élèves venus chercher leurs enfants semblent sereins. "Il y a une prise de conscience qu'il n'y avait pas il y a cinq ans. La menace s'est étendue, elle est partie de la communauté juive et aujourd'hui ça touche tout le monde. Mathématiquement, le passage de 500.000 personnes à 60 millions de personnes, ça dilue le niveau de risque", explique un père. "On se sent un peu moins seul et on se dit qu'il y a d'autres personnes concernées, pas seulement la communauté juive", renchérit une mère.

L'augmentation des patrouilles rassure. Et contrairement à ce que certains pourraient penser, le point de départ de la menace n'est pas forcément l'attaque de l'Hyper Cacher en 2015. Deborah, une maman situe le début de la menace après la tuerie de trois enfants juifs devant l'école Ozar Hatorah à Toulouse par Mohamed Merah en 2012. Elle salue depuis l'augmentation du niveau de sécurité et la multiplication des patrouilles. "Il y a eu des rondes qui ont été organisées par nos militaires, il y a la police qui tourne un peu plus dans les quartiers résidentiels et pas que dans les écoles. Je pense qu'il y a une vraie prise de conscience collective depuis deux ans", explique-t-elle.