Des traces d’OGM découvertes dans du maïs traditionnel

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Des traces d’OGM découvertes dans du maïs traditionnel
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Les semences avaient été fournies par la société Pioneer. 30 hectares de maïs au total ont été détruits dans la Sarthe.

Trois parcelles de maïs, soit une trentaine d’hectares au total, ont été détruites fin juillet dans la Sarthe, notamment sur les communes de Dangeul, Courgains et Saint-Vincent-des-Prés. L’information n’a été donnée que lundi par la société Pioneer, filiale du groupe chimique américain DuPont De Nemours, qui a commercialisé les semences. Leur défaut : contenir des traces d’organismes génétiquement modifiés.

L’alerte a été donnée par la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes qui a testé un lot de semences conventionnelles en provenance des Etats-Unis. Tous les sacs ont pu être rappelés sauf ceux qui avaient déjà été semés dans la Sarthe.

Pioneer assure avoir appliqué strictement le principe de précaution. "Comme il n'y a aucun seuil de tolérance en France, nous avons dû procéder à la destruction des parcelles concernées", a expliqué la porte-parole du groupe, Karin Affaton. "Nous respectons toutes les règles mais nous ne pouvons pas être à l'abri d'une présence fortuite d'OGM due à la pollinisation dans les pays comme la Hongrie où la culture d'OGM est autorisée", a-t-elle encore précisé.

En France, la culture du maïs OGM, en l'occurrence le MON810 de l’Américain Monsanto qui était jusqu’alors le seul autorisé, a été interdite en février 2008. A l’origine de cette interdiction : le principe de précaution et les craintes liées à la possibilité de dispersion des organismes génétiquement modifiés. Le groupe Pioneer, pour sa part, produit à la fois des semences de maïs conventionnels, comme ceux utilisés en France, mais aussi des semences OGM, qui ont reçu un agrément au niveau européen.

Francis Lecorcier, l'un des agriculteurs dont le maïs "conventionnel" a été arraché et broyé, pointe pour sa part un dernier paradoxe : les porcs qui élèvent par ailleurs sont, eux, nourris avec "du soja qui vient d’Amérique du Sud, probablement OGM".