Des prisons bloquées par des surveillants pour dénoncer le manque de sécurité

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Des prisons bloquées par des surveillants pour dénoncer le manque de sécurité
Plusieurs prisons ont été bloquées jeudi matin par des agents pénitentiaires@ JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
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Les récentes agressions et mutineries inquiètent les surveillants pénitentiaires qui dénoncent le manque de moyens pour assurer leur sécurité.

Plusieurs prisons ont été bloquées jeudi matin par des agents pénitentiaires qui dénoncent la "dégradation constante" de la sécurité, répondant notamment à l'appel du syndicat FO, le deuxième chez les surveillants après l'Ufap.

Plusieurs agressions récentes. A Fleury-Mérogis (Essonne), une centaine d'agents ont bloqué l'entrée de la maison d'arrêt entre 6h30 et 7h45 pour dénoncer "le manque de réaction de l'administration pénitentiaire par rapport aux récentes agressions de surveillants et aux mutineries", a expliqué le délégué CGT de la prison, Arnaud Arame. Ces dernières semaines, une mutinerie a eu lieu à Vivonne (Vienne), une agression djihadiste contre des surveillants à Osny (Val d'Oise). Dans les Yvelines, à Bois d'Arcy, une quarantaine de personnels ont mis le feu à des palettes et des pneus devant la prison et filtraient les entrées.

Plus de moyens humains. "On travaille dans des conditions de plus en plus déplorables. C'est tout pour les voyous et rien pour les personnels pénitentiaires. On demande plus de moyens humains. En Île-de-France, on en est à moins 400 surveillants, à moins 48 à Bois d'Arcy", s'est énervé Willy Saib, secrétaire local FO de la maison d'arrêt. A Osny (Val d'Oise), une dizaine de surveillants prévoyaient de bloquer l'établissement "jusqu'à environ 9h00", tandis qu'à Villepinte (Seine-Saint-Denis), une trentaine d'entre eux comptaient rester devant la prison "jusqu'à ce qu'ils soient délogés par les forces de l'ordre", rapporte FO. A Montauban (Tarn-et-Garonne), une vingtaine de grévistes bloquaient depuis 6h30 l'entrée de la maison d'arrêt Beausoleil à l'appel de FO, l'UFAP et la CGT. Le piquet devait durer jusqu'à 9h00 selon les militants.

"A l'agonie". "On montre notre solidarité avec les personnels pénitentiaires qui ont été agressés ces derniers temps dans plusieurs établissements pénitentiaires français", a expliqué le délégué syndical FO Pascal Rezzani. "On demande beaucoup plus de sécurité pour les détenus les plus dangereux et radicalisés, notamment par des moyens matériels non létaux, des établissements pénitentiaires spécifiques pour les détenus les plus dangereux. La pénitentiaire est à l'agonie depuis des années", a-t-il ajouté.

Une "Nuit debout" à Fresnes. FO entend protester contre les "agressions, mutineries, prise d'otages, menaces terroristes" et dénoncer des surveillants pénitentiaires "cobayes de l'administration au sein d'unités dédiées mises en place sans effectifs et sans mesures réelles de sécurité". "Une exception" a été prévue au centre pénitentiaire de Fresnes, avec "une 'Nuit debout' à partir de 18h30, avec blocages des extractions, des retours, et barbecue", a indiqué Jérôme Nobecourt, délégué FO pour l'Ile-de-France.

Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a annoncé la semaine dernière un plan à long terme de construction de nouvelles cellules, notamment pour en finir avec la surpopulation chronique des prisons françaises.