Des magistrats veulent intenter un procès à Rachida Dati

  • A
  • A
Des magistrats veulent intenter un procès à Rachida Dati
Partagez sur :

Rachida Dati a-t-elle qualifié de "très sournois" les magistrats dans le mensuel Entreprendre ? Les démentis répétés de la garde des Sceaux, contredite par le journaliste qui a réalisé l'entretien, ont ravivé la polémique avec le principal syndicat de magistrats. USM a fait savoir qu'il envisage "une action en justice pour répondre à cette attaque gratuite".

Le principal syndicat de magistrats dit envisager une action en justice contre Rachida Dati pour des propos qui lui sont prêtés où elle qualifie les corps de la magistrature et des avocats de "sournois". L'Union syndicale des magistrats (USM) se dit jeudi "scandalisée par les propos" de la ministre de la Justice, publiés par le magazine Entreprendre, et "exige des explications sur ce qui ne peut pas être un simple dérapage verbal".

La ministre de la Justice "dément avoir tenu les propos qu'on lui prête", a fait savoir son ministère. La conversation relatée dans l'article se déroulait dans un cadre "informel", assure-t-elle, à propos du communiqué de l'USM. La phrase litigieuse figure dans un article du magazine Entreprendre publié en avril, transcrivant un dialogue entre la ministre et plusieurs convives autour d'une table, dont l'ancien ministre socialiste Roland Dumas. Ce dernier félicite Rachida Dati pour la réforme de la carte judiciaire, les corps des avocats et des magistrats étant "très réactifs", remarque-t-il. "Et très sournois. J'ai fait de nombreux déplacements sans aucune difficulté, mais la charge est arrivée par derrière. Je trouve que c'est complètement déloyal", répond Rachida Dati selon la transcription publiée par le magazine. Elle ajoute : "Procureur n'est pas une profession libérale (...) le procureur est là pour exécuter les décisions du Garde des Sceaux et si ce n'est pas le cas, il faut le changer".

Candidate aux élections européennes en Ile-de-France, Rachida Dati doit quitter son ministère après le scrutin, le 7 juin. Ses affrontements avec les syndicats de magistrats se multiplient. Mercredi, les magistrats avaient critiqué le fait que la ministre utilise des communiqués officiels et le réseau intranet du ministère pour s'en prendre vivement à son adversaire politique Elisabeth Guigou, qualifiée "d'arrogante".