Des agriculteurs font une razzia sur les caddies en Bretagne

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Des agriculteurs font une razzia sur les caddies en Bretagne
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Des dizaines d'agriculteurs, producteurs de lait mais aussi de porcs, ont vidé des parkings de supermarchés d'Ille-et-Vilaine de tous leurs caddies lundi soir pour les rapporter sur une des plates-formes de distribution qu'ils bloquent.

"Nous avons actuellement entre 2.000 et 2.500 caddies dans nos remorques", a expliqué Dominique Langouët, des Jeunes Agriculteurs (JA). "Nous nous dirigeons sur Rennes et nous ramèneront ensuite tous ces caddies à Bain-de-Bretagne", a-t-il poursuivi. Les agriculteurs, environ 300, partis de la plate-forme de distribution Carrefour de Bain-de-Bretagne ont "vidé" lundi soir des supermarchés à Bain-de-Bretagne, Guipry et Janzé, et se dirigeaient peu après minuit sur Rennes pour faire de même.

En Ille-et-Vilaine, trois plates-formes d'approvisionnement sont bloquées depuis lundi, à Gaël (Easydis desservant notamment le groupe Casino), Bain-de-Bretagne (Carrefour) et au Grand-Fougeray (Intermarché). Les agriculteurs bloquent ces plateformes pour dénoncer les marges des grandes surfaces, un nouveau mouvement de colère qui montre que le récent accord sur le prix du lait passe mal.

La FNSEA, principal syndicat agricole français, et les Jeunes Agriculteurs ont appelé lundi à une opération "vérité sur les marges" réalisées par la grande distribution. Ce mouvement national de protestation débutera dans la nuit de jeudi à vendredi et se prolongera 48 heures, mais a déjà débuté dans l'ouest.

Ce problème d'opacité des marges est "récurrent", mais il est d'autant plus sensible que l'accord signé la semaine dernière sur le lait "ne passe pas bien" sur le terrain, a reconnu le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer lors d'un point presse. Mais, selon lui, cette question "dépasse" celle du lait "car beaucoup de productions sont en difficultés, notamment le porc".

Les agriculteurs ont déjà à maintes reprises dénoncé les "dégâts" de la loi de modernisation de l'économie (LME) sur les relations entre fournisseurs et distributeurs. Comme les associations de consommateurs, les agriculteurs réclament la mise en place effective d'un "Observatoire des marges et des prix" des produits alimentaires. La FNSEA réclame la désignation "d'un arbitre" et souhaite que le gouvernement "envoie la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dans les linéaires pour essayer d'apprécier les marges réalisées" par la grande distribution.

De son côté, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) se dit "favorable à l'observatoire des prix et des marges", "à condition que tout le monde joue le jeu". La FCD a toutefois promis de donner "tous les éléments d'information nécessaires" lors de la prochaine réunion de l'observatoire mercredi.