Déraillement du TGV Est : "Il y a eu un abus de confiance", dénonce la mère d'une victime

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La mère d'une des victimes du déraillement de la rame d'essai du TGV Est a exprimé toute sa colère sur Europe 1 après la révélation des premiers éléments de l'enquête.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

"Je me demande toujours pourquoi on accepte 50 personnes à bord d’un train d’essai puisque c’est dangereux. Pourquoi ?" Près d'un an après le déraillement du TGV Est, qui a fait 11 morts et 42 blessés le 14 novembre 2015 à Eckwersheim (Bas-Rhin), Christine Dujardin continue de réclamer des réponses. Sa fille, Fanny Mary, 25 ans, fait partie des victimes de ce drame, le plus grave de l'histoire de la SNCF. 

L'incompréhension. Dans un rapport d'étape révélé par Le Parisien lundi, deux experts mandatés par les juges d'instruction pour déterminer les causes du déraillement dénoncent une succession de manquements : la vitesse excessive, la distance de freinage, une équipe dépourvue des "compétences" nécessaires, "les lois physiques de base inconnues"… Des conclusions qui ne font que renforcer la colère de Christine Dujardin. "Aucun invité ne devrait se trouver dans un train d’essai quand tout est approximatif comme cela", s'insurge-t-elle au micro d'Europe 1 lundi. "Est-ce que vous iriez accompagner un pilote d’essai quand il fait des loopings alors que c’est son premier vol ?", dénonce cette mère de famille.

"Un abus de confiance". Pour elle, rien ne laissait présager un trajet aussi risqué. "Ma fille ne savait pas, elle pensait qu’elle était dans un train inaugural", rappelle Christine Dujardin. "Il y a vraiment un abus de confiance de faire monter des invités en leur faisant croire qu’il n’y a aucun risque". Pour enfin pouvoir faire son deuil, Christine Dujardin souhaite désormais "connaître la réalité".