Départs en vacances : comment bien entrer dans ses congés ?

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Départs en vacances : comment bien entrer dans ses congés ?
Les premiers jours après un départ en vacances, il n'est pas toujours facile de lâcher prise, que cela soit pour l'enfant ou pour l'adulte. @ melindarmacaronikidcom / pixabay.com
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Le boulot toujours en tête, la pression qui peine à retomber, ou qui tombe brutalement … Au moment des premiers départs en vacances, il n’est pas toujours facile de "lâcher prise".

Les Français vont être nombreux à prendre la route dès ce week-end, pour les premiers jours de départs en vacances de l'été. Une période souvent très attendue... mais qui réserve parfois de mauvaises surprises. Les premiers jours suivant les départs en congés n’offrent en effet pas toujours le "lâcher prise" tant espéré. Souvent, d’ailleurs, lorsque que l’on coupe d’un seul coup avec la pression du travail ou de nos activités habituelles, "le corps baisse la garde et se laisse alors submerger", indique le médecin Jean-Christophe Charrié.

Maux de tête, lumbagos, otites ou sinusites ne sont pas rares dans les premiers moments de nos congés. Parfois, même, le stress ne retombe pas du tout. Certains ont en effet du mal à déconnecter du travail (un salarié sur deux qui y a accès continue de regarder ses mails les premiers jours) malgré le changement d’environnement et de contexte. Comment entrer en douceur dans ses vacances ? Voici quelques petites astuces pour accompagner vos premiers jours de congés.

Déconnectez progressivement du boulot

Le travail peut vous gâcher votre début de vacances. Sur la plage, en pleine forêt, devant un film… À tout moment, vos dossiers laissés en suspens au bureau peuvent venir s’immiscer dans un coin de votre tête et vous préoccuper toute la journée. Face à cela, il n’existe pas de recette miracle. Idéalement, terminez vos dossiers avant de partir. Si vous pouvez déléguer à des collèges certaines tâches, faites le et efforcez-vous de leur vouer une confiance absolue. Vous pouvez, également, noter dans un bloc note vos objectifs de rentrée : vous n'aurez pas à y penser pendant vos vacances et vous ne les oublierez pas le jour de votre reprise ! 

"Le grand danger est la rumination mentale", poursuit Xavier Alas-Luquetas, spécialiste des risques psychosociaux, cité par Le Figaro. Face à cela, il existe une astuce simple. "Pendant les quelques jours de transition où vous passez de la suractivité à la sous-activité, coucher donc sur papier vos préoccupations. Cela vous permet d'alléger cette charge mentale", conseille-t-il, évoquant un "moment de catharsis" : "Cette prise de recul permet de balayer toute la pollution autour de soi et de se consacrer véritablement à ses vacances".

Laissez-vous pénétrer par les couleurs, les odeurs, la lumière, le silence et prenez une grande inspiration ventrale

Évitez également d’envoyer des mails important la veille de votre départ, vous risquerez d’avoir continuellement envie de regarder si l’on vous a répondu (pensez d’ailleurs à mettre un message d’absence sur votre boîte mail). Certains coachs recommandent également de se forcer à délaisser smartphone, tablette et ordinateur autant que possible, de manière progressive : laissez-le à la maison quand vous sortez, éteignez-le quelques heures, une journée, puis deux jours d’affilés etc. Certains, même, préconisent de partir avec de vieux téléphones portables ! Cela vous garantit de rester joignable en cas d’urgence, mais cela vous coupe de vos mails et des réseaux sociaux.

Les premiers jours, ne vous fixez pas trop de contraintes

Certains chronobiologistes estiment que, dans l’idéal, il faut 11 jours pour évacuer toute la pression de l’année et habituer votre corps à vivre sans stress. Durant cette période, "l’idée est de ne pas s’imposer de contraintes : enlever sa montre, débrancher (ordinateur, téléphone), dormir à son rythme et manger quand on a faim", suggère le médecin Jean-Christophe Charrié dans La Vie. Certains psychologues parlent de "jachère psychique" pour ces moments de rien, de pause, entre deux préoccupations. Des moments qui permettent de se sevrer de notre dépendance à l’adrénaline et d’ouvrir sa conscience sur des perceptions primaires : regarder la nature, écouter une conversation au café, sentir le vent ou le soleil sur sa peau…

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Si vous n’avez pas beaucoup de congés et avez tout de même envie de profiter des activités que vous offre votre lieu de vacances, pourquoi ne pas y aller progressivement ? Vous n’êtes pas obligé, par exemple, de prévoir une journée complète de visite ou une activité sportive intense dès le lendemain de votre arrivée sur place. Et pour vous mettre tout de suite dans le bain, pour ouvrir vos sens et vous relâcher dès votre arrivée, vous pouvez agrémenter ces premiers jours de vacances de petits exercices de respiration.

"Laissez-vous pénétrer par les couleurs, les odeurs, la lumière, le silence et prenez une grande inspiration ventrale, propose Didier Herzog, préparateur physique et mental, dans Psychologies. Relâchez doucement l’air en essayant de garder en vous le paysage, les parfums. Visualisez ces bonnes choses circulant dans le corps. Renouvelez ces respirations au moins trois fois dans la journée".

Les enfants aussi ont besoin de couper

Les enfants aussi ont besoin d’une période de "lâcher prise".  "Il faut les laisser dormir, vivre et faire en sorte qu’ils aient, eux aussi, au moins 15 jours de vraies vacances", assure le docteur Jean-Christophe Charrié. Pour eux aussi, mieux vaut éviter le trop plein de contraintes les premiers jours (coucher à telle heure, repas à telle heure, visite d’un monument à telle heure…). Durant cette période, pourquoi ne pas les laisser jouer, lire ou dormir à leur guise, en restant réceptif à leurs envies de partager des activités (sorties, jeux de société, préparation des repas…) ? Outre leur permettre de se reposer, cela les aidera à travailler leur créativité, à découvrir leur environnement ou à s’habituer à la solitude.

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Vous pouvez, donc, attendre la deuxième partie de leurs vacances pour sortir les cahiers de vacances ou faire le bilan de l’année passée, même si celui-ci n’était pas satisfaisant sur le plan des résultats scolaires. "L’important est de ne pas mettre sur lui la pression d’emblée. Il faut aussi laisser à l’enfant le temps de décompresser", abonde le Dr Gilles Valet, pédopsychiatre et auteur des 101 règles de l’éducation bienveillante (éd. Larousse), interrogé par 20 Minutes.

Cela ne signifie pas, toutefois, les laisser faire absolument ce qu’ils veulent durant deux semaines. Vous pouvez, par exemple, les faire participer aux tâches ménagères. Pourquoi ne pas leur en parler un peu en amont ? Cela les aidera à se responsabiliser, et cela aidera, aussi, les parents à lâcher prise.