Dépakine : l'association de victimes se constitue partie civile

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Dépakine : l'association de victimes se constitue partie civile
Le médicament présente des risques pour les enfants des femmes l'ayant pris pendant la grossesse (image d'illustration)@ AFP
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"Malgré des plaintes individuelles de plusieurs familles, déposées il y a seize mois pour certaines, à ce jour, aucune date n'a été communiquée concernant une quelconque information judiciaire", explique l'association. 

L'association de victimes de l'antiépileptique Dépakine a annoncé mercredi avoir déposé une plainte avec constitution de partie civile, afin d'obtenir l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge, afin d'établir les responsabilités dans ce "scandale" sanitaire.

"Enquête indépendante". "Malgré des plaintes individuelles de plusieurs familles, déposées il y a seize mois pour certaines, à ce jour, aucune date n'a été communiquée concernant une quelconque information judiciaire", a expliqué l'Association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anticonvulsivant (Apesac) dans un communiqué. Cette plainte contre X vise à ce "qu'une information judiciaire soit ouverte et qu'un juge d'instruction soit nommé". Il est "urgent qu'une enquête indépendante soit diligentée pour comprendre comment (...) la Dépakine et ses dérivés ont continué d'être majoritairement prescrits chez des femmes enceintes" alors que les dangers pour le fœtus étaient connus, a souligné l'Apesac.

Dangereux pour les femmes enceintes. La molécule en cause, le valproate de sodium, est considérée comme un médicament de référence, incontournable pour certains patients atteints d'épilepsie. Il est commercialisé par le laboratoire Sanofi depuis 1967, sous la marque Dépakine, mais aussi sous des marques génériques. Il est aussi prescrit aux personnes souffrant de troubles bipolaires sous les noms de Dépamine et Dépakote. Mais lorsqu'une femme enceinte prend ce médicament, son enfant présente un risque élevé - de l'ordre de 10% - de malformations congénitales mais également un risque accru d'autisme et de retards intellectuels et/ou de la marche, pouvant atteindre jusqu'à 40% des enfants exposés.

Plus de 12.000 enfants en France pourraient souffrir de ces séquelles, selon l'épidémiologiste Catherine Hill, qui a établi une estimation "prudente" à partir des ventes du médicament et du nombre de femmes enceintes traitées. Selon l'Apesac, qui alerte depuis 2011 sur les dangers du valproate de sodium, ce chiffre pourrait monter à "environ 50.000 enfants", décédés ou handicapés.